The Club (El Club) ***

19 février 2016

À l'abri des regards, le clergé offre le gîte à des religieux ayant exercé par le passé des actions indignes de leur fonction. Lorsqu'une ancienne victime d'un prêtre pédophile retrouve la trace de l'homme d'église, le situation tourne au drame.

Réalisateur: Pablo Larraín | Dans les salles du Québec le 19 février 2016 (EyeSteelFilm Distribution)

Avec El Club, Pablo Larraín part d’une idée intéressante: imaginer le fonctionnement d’une maison de retraite pour religieux mis à l’écart suite à des excès passés (dont la pédophilie fait bien évidemment partie).
Le voile un peu blanchâtre qui semble recouvrir l’image et l’utilisation de la musique sacrée donnent au film un ton mystérieux, dans un premier temps captivant. Malheureusement, à l’occasion de certains champs contre champs, des incohérence visuelles posent problème (les plans donnent sans raison l’impression d’avoir été filmés avec des caméras et à des moments complètement différents). La volonté de la part de Pablo Larraín d’utiliser des lentilles soviétiques du début des années 60 pour «lutter contre la haute définition qui est un virus» est louable, mais il aurait été préférable de conserver une certaine cohérence visuelle (pour lutter contre la HD, le super 16 n’est pas mal non plus… mais peut-être trop quelconque pour monsieur Larraín?). Au final, le procédé finit par attirer davantage l’attention du spectateur sur la qualité fluctuante de l’image que sur ses personnages, ce qui semble aller à l'encontre de la logique du film. Ceci n’est malheureusement pas le seul point faible. En effet, son scénario, qui comporte pourtant de très bons éléments, sombre vers la fin dans le dérapage incontrôlé confinant au ridicule.
En définitive, malgré une somme de réserves importantes, il nous est cependant difficile de ne pas conseiller le visionnement d'El Club. D’une part, l’ambiance très pesante est parfaitement restituée. D’autre part, quelques éléments de réflexion sur l’Église et sa manière de traiter les difficultés auxquelles elle est confrontée sont finement abordées. Nous regrettons donc que Pablo Larraín n’ait pas opté pour une approche graphique plus facile à maîtriser et ne soit pas parvenu à mettre la main sur des scénaristes capables de conduire leur récit avec la même intelligence jusqu’au bout.
Très imparfait, mais à voir tout de même... pour constater à quel point le film n’est pas passé loin d’être vraiment bon!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***
Martin Gignac: ***½
 

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