The Little Prince (Le Petit Prince) **½

12 février 2016

Une fillette vivant dans un monde axé sur la performance se lie d’amitié avec un vieux voisin excentrique qui lui raconte l’histoire d’un Petit Prince vivant sur une planète minuscule…

Réalisateur : Max Osborne | Dans les salles du Québec le 12 février 2016 (Les Films Séville)

Il faut avoir un toupet incroyable pour s’attaquer au chef-d’œuvre littéraire de Saint-Exupéry, ses mots faisant tellement rêver qu’ils n’ont pas besoin d’images pour les figer pour l’éternité. Cette adaptation anglophone s’est pourtant permis ce sacrilège à des fins mercantiles. Elle a cependant eu la présence d’esprit de respecter les grandes lignes du conte et de les reproduire grâce à une animation image par image. Les dessins sont ainsi très séduisants à regarder, s’intégrant avec harmonie à la musique de Hans Zimmer et aux chansons de Camille.
Malheureusement, le récit originel est tellement mince qu’il ne tient ici qu’à un simple court métrage, intégré de façon aléatoire à une histoire restituée en images de synthèse laides et interchangeables. La nouvelle trame narrative extrêmement moralisatrice et appuyée tourne autour d’une héroïne qui cherche à s’échapper des attentes de sa mère et de la société pour se créer un jardin imaginaire de fantaisies. Ces idées sont terriblement mal développées au sein de péripéties peu inspirées, dont l’intérêt ne fait que vaciller après une introduction prometteuse. La conclusion particulièrement ratée atteint d’ailleurs un sommet d’ennui et d’inaptitude.
Les enfants n’y verront que du feu et passeront probablement un bon moment, découvrant au passage un personnage important de la littérature jeunesse. Par contre, les adultes entreront sans doute dans cet univers avec un certain sentiment de répulsion et comprendront rapidement que le cœur n’y est pas. Au lieu d’être la plus poétique des animations, Le Petit Prince n’est en effet qu’un produit banal et oubliable de plus. Réalisé correctement, le travail de Max Osborne (Kung Fu Panda) manque cruellement de personnalité.
On se demande ce qu’un Henry Selick ou même un Jean-Pierre Jeunet aurait pu en tirer!
 

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