Born to Be Blue **½

11 mars 2016

Dans les années 60, un trompettiste de Jazz blanc est violemment attaqué par une bande de dealers à qui il doit de l’argent. Gravement blessé, incapable de jouer, il se replie sur lui-même et mène une existence marquée par la dépendance à la drogue, avant d’effectuer son comeback au début des années 70.

Réalisateur : Robert Budreau | Dans les salles du Québec le 11 Mars (Séville)

Le réalisateur Robert Budreau est de toute évidence un fan qui s’est beaucoup documenté sur son sujet et la communauté jazz de l’époque. Par ailleurs, il faut rappeler que Born to Be Blue est sa deuxième incursion dans la vie de Chet Baker, après le court-métrage The Deaths of Chet Baker dans lequel il mettait en scène les (hypothétiques) dernières heures du trompettiste avant sa chute fatale d’une chambre d’hôtel à Amsterdam, en 88.
Ici, Budreau n’évoque sa mort que par le carton de fin, préférant plutôt se focaliser sur les quelques années de sa vie durant lesquelles il doit réapprendre à jouer de la trompette après une agression qui le laisse avec une mâchoire fracturée et plusieurs dents en moins.
Malgré ses belles intentions, le film ne prend pas toujours (reconstitution « carte postale », mise en scène terne) et commence même assez laborieusement (la fausse bonne idée du film dans le film). Mais une fois que Budreau assume pleinement les codes du genre (la chute, l’addiction, le rapport difficile avec le père, l’amour rédempteur...) et se cale sur le visage de son acteur (magnifique Ethan Hawke, encore une fois, on a envie d’ajouter), Born to Be Blue parvient à captiver.
À défaut d’être original (on lorgne plus du côté de Walk the Line que du colossal Bird), le film a le mérite de nous présenter ce « James Dean du Jazz », junkie talentueux en quête de la reconnaissance atteinte par les grandes figures mythiques qu’étaient Miles Davis, Dizzy Gillepsie et Charlie Parker, ses imposants contemporains. Sa trajectoire torturée et musicale, dont Born to Be Blue reproduit sensiblement les égarements et vibrations mélancoliques (les deux performances musicales de fin sont impressionnantes), recueillera très probablement de nouveaux fans. En revanche, elle risque peu de marquer les esprits des spectateurs. Dommage.
L'avis de la rédaction :

Sami Gnaba: **½
Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: **½
 

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