Avant les rues ***

15 avril 2016

Un jeune homme (Rykko Bellemare) qui a involontairement commis un crime erre dans les bois en tentant de trouver un moyen de remettre son existence dans le droit chemin.

Réalisateur : Chloé Leriche | Dans les salles du Québec le 8 avril 2016. (FunFilm)

Présenté à la Berlinale plus tôt cette année, Avant les rues était précédé de rumeurs favorables. Le premier long métrage de Chloé Leriche ne déçoit guère.
La jeune cinéaste québécoise qui a multiplié les courts métrages depuis 2001 met son expérience au sein du Wapikoni Mobile en pratique et accouche d’un film particulièrement immersif, qui entraîne le spectateur dans la réalité d’un jeune atikamekw. L’authenticité est palpable et s’exprime par les chants, la musique, la danse et le désir d’exprimer le plus réellement possible ce quotidien qui n’est pas sans nuage et jours gris. Les clichés habituels (alcoolisme, pauvreté, suicide, etc.) ne sont pas épargnés, mais ils sont ici abordés de façons beaucoup plus subtile que dans Le dep et ces nombreux autres essais semblables.
Après une première partie prometteuse mais un peu trop schématisée où l’homme blanc fait figure de méchant, le récit trouve son rythme en étirant temps et lieu, se lovant dans la nature un peu comme le fait Sophie Deraspe dans ses fictions. Cette évasion salvatrice permet de mieux saisir l’intégrité de la démarche et d’admirer la magnifique photographie. Une certaine poésie se dégage de cette fine mise en scène, rappelant celle de Robert Morin sur 3 histoires d’indiens.
Cependant, Leriche agissant également comme monteuse, elle ne trouve pas toujours le recul nécessaire et cela finit par se faire ressentir. Avant les rues évite de justesse les pièges du mélo ou de l’écueil didactique sans pour autant se terminer au bon moment. Devant les fins possibles qui s’accumulent, l’effort ne choisit guère et sa conclusion n’a pas l’impact escompté. Cette réserve mineure empêche ultimement la production de marquer complètement les esprits.
Pourtant, dès son premier long métrage, Chloé Leriche développe un style qui lui est propre, l’enrichissant d’une sincérité à toute épreuve tout en montrant qu’elle est capable de diriger adroitement ses comédiens, dont plusieurs sont non professionnels.
Nous avons déjà hâte de voir son prochain film!
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***
Jean-Marie Lanlo: ***
Miryam Charles: **
Olivier Maltais: ***
 

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