La tête haute ***

10 juin 2016

Un adolescent à problèmes (Rod Paradot) séparé de sa mère irresponsable (Sara Forestier) reçoit l’aide d’une juge (Catherine Deneuve) et d’un éducateur (Benoît Magimel).

Réalisateur : Emmanuelle Bercot | Dans les salles du Québec le 10 juin 2016. (TVA Films)

On entre dans La tête haute avec un sérieux sentiment de déjà-vu. Que ce soit le cinéma de Maïwenn (Polisse, où la cinéaste figurait déjà en tant qu’actrice), de Ken Loach (Sweet Sixteen) ou même de Xavier Dolan (Mommy), le long métrage emprunte un chemin balisé qui ne réserve aucune surprise.
Ce qui ressort réellement du lot est la qualité générale de l’interprétation. Avoir confié le difficile et délicat personnage principal au nouveau venu Rod Paradot est une excellente idée et la tête d’affiche en impose. Sa performance très physique et même animale ne manque pas de spontanéité et de vigueur. Il est amené à se surpasser grâce à de talentueux acteurs de soutien. Catherine Deneuve retrouve la réalisatrice qui l’a si bien dirigée dans Elle s’en va et elle offre une autre fine prestation. Benoît Magimel n’aura pas été aussi juste depuis des lustres et Sara Forestier fait beaucoup dans un rôle ingrat. Mais pourquoi l’avoir enlaidie à ce point avec ces fausses dents? Parce qu’elle provient d’une classe sociale moins aisée?
Cette lourdeur n'est malheureusement pas la seule au sein de ce scénario (signé Emmanuelle Bercot et Marcia Romano) dont la subtilité est loin d’être la principale qualité. Le récit ne lésine pas sur les clichés et les facilités. Il ne sait pas toujours où avancer, alternant entre la peinture d’un milieu désœuvré, les amours salvateurs entre jeunes gens et le travail digne de Sisyphe d’hommes et de femmes qui cherchent à remettre le héros problématique dans le droit chemin. Il est toutefois doté de dialogues forts (quoique verbeux) et d’un refus de verser dans le misérabilisme. Dans cet univers sombre il y a de l’espoir qui est exprimé par une utilisation judicieuse des ellipses, procédé qui vitamine une mise en scène volontairement neutre, alerte à ses heures mais sans grand génie.
Il faudra donc classer La tête haute dans cette longue liste de films « importants » : ceux qui traitent de sujets épineux et nécessaires sans se défiler et en proposant des solutions applicables et morales. Le long métrage porte ainsi très bien son titre.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***
Jean-Marie Lanlo: ***
Olivier Maltais: ***½
 

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