Genius*½

17 juin 2016

En 1929, à New York, le grand éditeur Maxwell Perkins fait la connaissance de Thomas Wolfe, un auteur encore méconnu à la personnalité et au talent hors du commun. Leurs rapports professionnels laissent tranquillement place à une réelle amitié, profonde et complexe, qui marquera leur vie à tout jamais.

Réalisateur : Michael Grandage|Dans les salles du Québec le 17 Juin 2016 (Remstar)

Le titre du film de Michael Grandage est trompeur. Il n’y a en effet pas la moindre trace de génie qui transparaît dans ses images. Si Grandage cherchait l’espace des 90 minutes de son film à nous faire côtoyer le génie littéraire, la prose massive et grandiose de Thomas Wolfe, c’est cause perdue.
Jusque-là acteur occasionnel et metteur en scène de théâtre, Michael Grandage est à ses premières armes dans le cinéma et cela paraît. Si Genius réussit à recréer le New York des années 20 en images, il n’y vibre malheureusement aucun souffle de vie (ou de cinéma) mais simplement la nostalgie palpable d’un autre temps idéalisé, jamais vraiment incarné. Devant sa reconstitution décorative ou sa réalisation anonyme et sans éclat, il ne reste au film que ses acteurs pour l’extirper du ratage complet (un refus impardonnable d’évoquer les désastres du crash financier de 1929, une représentation désespérément caricaturale du personnage de l’auteur). De ce côté-là, le duo Colin Firth-Jude Law, souvent en roue libre, mais attachant, opère assez bien, insufflant à l’ensemble une dynamique salvatrice.
Leur complicité, particulièrement dans le second tiers du film, parvient ici et là à rendre compte de ce que le projet aurait pu être, si un autre cinéaste plus inspiré s’était emparé du scénario original. Le cœur secret du film se niche bien dans ses rares moments durant lesquels éditeur et auteur œuvrent à consolider leurs deux visions d’un projet littéraire dans le même objet ; soit comment rendre à un livre sa meilleure forme. Ainsi sont soulevées les questions rarement exploitées de la concision, de la fluidité et du style, mais au lieu d’en faire l’enjeu principal de son film, Grandage s’en détourne aussitôt et préfère plutôt nous servir une histoire d’amitié prévisible, d’une insupportable mièvrerie… Comme remède à ce film oubliable et anecdotique, nous encourageons le spectateur à se tourner vers Life ou End of The Tour qui chacun à sa façon dépeignait une rencontre un peu similaire avec clairement plus de finesse et d’intelligence.
L'avis de la rédaction :

Sami Gnaba: *½
Martin Gignac: **½
 

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