The Great Wall (La grande muraille) **

17 février 2017

Le mercenaire européen William Garin (Matt Damon, plus insipide que jamais) est emprisonné dans la grande muraille de Chine au moment où des êtres surnaturels décident d’envahir le pays. Au contact de la très jeune et très belle commandante Lin Mae (Tian Jing), il va devenir un héros et sauvera l’Empire du Milieu.

Réalisateur: Zhang Yimou | Dans les salles du Québec le 17 février 2017 (Universal)

Prenons un réalisateur chinois prestigieux (Zhang Yimou), un acteur star (Matt Damon), une belle brochette de scénaristes ou collaborateurs au scénario estimés (dont Tony Gilroy, Edward Zwick et Marshall Herskovitz), une coproduction sino-américaine avoisinant les 150 millions de dollars, et nous obtenons ce film étrange, au scénario bâclé, aux effets spéciaux numériques souvent ridicules, aux acteurs qui semblent juste motivés par leur chèque… mais également, avouons-le, aux quelques rares très bonnes idées.
Ceux qui réussiront à en rire y trouveront peut-être un certain plaisir. Malheureusement, certains éléments pourront être considérés par d’autres (dont l’auteur de ces lignes) comme véritablement rédhibitoires au second degré! Le développement des coproduction sino-américaines atteint ici des sommets de maladresse en essayant de concilier deux cultures cinématographiques commercialement trop différentes. Surtout, même si la Chine a visiblement la part belle (l’action se déroule en Chine, le réalisateur est chinois), il est difficile d’oublier que les scénaristes américains utilisent les mêmes techniques que les écrivains d’un autre âge (Edgar Rice Burroughs, Rudyard Kipling)... revues et corrigées par la suite au cinéma avec Avatar et quelques autres: l’homme blanc (ou le personnage qui le représente) se retrouve dans un territoire hostile, avec des gens (ou des êtres en tout genre qui les représentent plus ou moins) d’une autre culture et d’une autre couleur de peau. Mais même seul au milieu de l’inconnu, c’est bien évidemment le mâle blanc qui sauvera ces pauvres bougres!
Ce message subliminal commence à devenir totalement archaïque, nauséabond, et encore trop présent dans le cinéma américain. On le retrouve maintenant défendu par un cinéaste chinois! Coproduction oblige, on nous fera comprendre que celui qui représente l’Américain blanc (époque oblige, il est européen dans le film) n’est qu’un mercenaire qui aura besoin de croiser des Chinois attachés à de nobles valeurs (et inventeurs de la poudre à canon) pour changer de mentalité et s’imposer face au mal. Les plus optimistes y verront du donnant-donnant! Les autres ne verront dans cette concession que l’arbre qui cache la forêt!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo:**
Olivier Bouchard: **½
 

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