C’est le cœur qui meurt en dernier **½

14 avril 2017

À 47 ans, l'auteur d’un roman autobiographique décide de renouer les liens brisés avec sa mère de 82 ans, hébergée dans une résidence pour personnes âgées. Cette dernière n’est pas au courant de l’existence du roman en question et lui demande comme dernière faveur de l’aider à mettre fin à ses jours.

Réalisateur: Alexis Durand-Brault | Dans les salles du Québec le 14 avril 2017 (Séville)

Paru en 2013, C’est le coeur qui meurt en dernier est un roman à saveur autobiographique de l’auteur Robert Lalonde. Il traite de sa relation intimiste et passionnelle avec sa propre mère et fut louangé par la critique lors de sa sortie. Le film est réalisé par Alexis Durand-Brault (La petite reine, Ma fille mon ange) et c’est Gabriel Sabourin (fils du comédien Marcel Sabourin) qui a signé cette adaptation calibrée pour le grand public dans laquelle il tient aussi le rôle principal.
En situant son action sur deux époques (l’enfance et le présent), la structure narrative peine à trouver un rythme lors de la première partie du film. L’alternance entre passé et présent et le recours aux flashbacks de façon systématique ou arbitraire empêchent dans un premier temps le film de trouver son équilibre. La seconde partie, plus ancrée dans le présent, est nettement plus réussie. Entre le drame intimiste et le mélodrame, le film aborde avec un bonheur inégal des sujets sensibles (l’euthanasie, les secrets familiaux) ou des sentiments graves (le regret du passé, l’incommunicabilité, la culpabilité) avant finalement de se centrer sur son sujet principal: l’amour inconditionnel d’un fils pour sa mère. C’est lors des moments plus calmes ou en apparence banals que le film atteint son objectif et que l’émotion jaillit par à-coups.
On a beaucoup parlé du retour à l’écran de Denise Filiatrault comme comédienne. À 85 ans, elle obtient un rôle taillé sur mesure. En mère intraitable mais au bout du rouleau, elle incarne avec conviction cette femme plus vulnérable que l’image imperturbable qu’elle laisse transparaître. En revanche, le jeu de Gabriel Sabourin manque de saveur.
La force du sujet est le principal atout du film, et certains passages réussis font oublier une certaine lourdeur dans l’écriture ou la mise en images. Néanmoins, ce drame intimiste un tantinet sirupeux constitue un bon remède pour ceux qui ont le vague à l’âme.
L'avis de la rédaction :

Pascal Grenier: **½
Martin Gignac: **
Olivier Maltais: **
Ambre Sachet: ***
 

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