Wonderstruck (Après la foudre) ***½

10 novembre 2017

Une fillette sourde (Milicent Simmonds) du New Jersey et un garçon (Oakes Fegley) du Minnesota convergent vers New York à la recherche de personnes qui risquent de transformer leur existence à jamais.

Réalisateur : Todd Haynes | Dans les salles du Québec le 10 novembre 2017. (Entract Films)

Todd Haynes ne fait jamais rien comme les autres. Après avoir puisé dans le mélo à la Douglas Sirk pour ses sublimes Carol et Far From Heaven, il revient à la superposition des récits et des personnages comme sur son grandiose I'm Not There.
Plus accessible, plus tourné vers les petits et les grands pour la première fois de sa carrière, son travail sur l'adaptation cinématographique du roman Wonderstruck de Brian Selznick s'apparente à un conte.Si les coïncidences sont trop belles pour être vraies, ce récit magique à de quoi chambouler le spectateur, cependant conscient de se faire grandement manipuler dans la dernière ligne droite.
Si ses fans habituels risquent de rester sur leur faim, les autres adhéreront totalement à ce discours sur la tolérance, l'amitié et la famille, où les mystères du scénario s'apparentent à une véritable quête ludique d'énigmes. De remarquables comédiennes comme Michelle Williams et Julianne Moore dans un surprenant double rôle sont au service d'excellents jeunes acteurs, souvent non professionnels.
Que l'on accepte ou pas la mièvrerie de l'ensemble et son sentimentalisme un peu appuyé, il est impossible de ne pas être impressionné par la fabuleuse mise en scène du cinéaste. À l'aide d'un montage sensoriel, il arrive à lier constamment les deux histoires qui se déroulent à des époques différentes. Celle de la fillette reprend le standard des films muets (noir et blanc, aucun dialogue, musique obsédante de Carter Burwell), alors que le destin du garçon est plutôt ancré dans les années 70. La reconstitution d'époque sidérante est accompagnée d'une couleur visuelle unique (façon French Connection et Midnight Cowboy) et de chansons de circonstances. Du coup, on assiste pratiquement à la fois à la naissance du cinéma comme manifestation populaire et à sa disparition comme art au sein de nombreux tours de passe-passe qui sont encore plus aboutis que dans le Hugo de Scorsese.
Enchanteur au possible, Wonderstruck est tout un changement de registre pour son créateur, qui n'hésite pas à renouer avec son cœur d'enfant pour toucher et émouvoir.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***½
Pascal Grenier: ***½
Ambre Sachet: *½
 

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