Carol ***½

11 décembre 2015

Dans l’Amérique des années 50, une jeune femme mal dans sa peau (Rooney Mara) fait la connaissance d’une femme d’âge mûr à qui tout semble réussir (Cate Blanchett).

Réalisateur: Todd Haynes | Dans les salles du Québec le 11 décembre 2015 (Séville)

D’emblée, la photo signée Ed Lachman nous plonge dans le passé sans jouer pour autant la carte de l’excès caricatural (le choix d’une pellicule super 16 est particulièrement judicieux). Un même soin est accordé aux décors et aux costumes, qui nous entraînent plus dans une réalité d'hier que dans une représentation fantasmée.
Si l’on ajoute à ces choix un certain goût pour la lenteur, pour les silences et pour une mise en scène sobre (mais impressionnante de maîtrise), nous obtenons un film qui restitue parfaitement un certain état d’esprit de l’époque. Cet univers filmique finit par rendre palpable l’hésitation de la part des héroïnes d’oser bousculer le tabou du désir homosexuel à une période où les codes sociaux sont particulièrement rigides.
Cependant, le choix d’étirer la première partie pour qu’elle corresponde à un rythme d’un autre temps représente aussi paradoxalement la petite faiblesse du film. Malgré son intérêt visuel et théorique, cette première partie peut en effet sembler un peu trop froide pour convaincre.
Lorsque la relation charnelle est enfin consommée (via une scène d’une grande sensualité), le film change de direction, comme si le dépassement de certains interdits était trop insupportable pour l’époque. Cependant, Todd Haynes délaisse judicieusement dans le même temps son statut d’observateur distant pour donner à ses protagonistes la force d’assumer malgré tout leur désir de vivre comme elle l'entendent dans une société trop puritaine. Le regard qu’il leur porte semble leur donner l’énergie nécessaire pour briser leurs chaînes et laisser tomber leurs masques (aidé il est vrai par les prestations d’une grande subtilité de Rooney Mara et de Cate Blanchett).
Ainsi libéré du joug un peu trop artificiellement restitué d’une société oppressante, le film gagne en qualité et finit par laisser au spectateur le sentiment d’avoir visionné un très bon film servi par deux interprètes remarquables!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Sami Gnaba: ***½
Martin Gignac: ****½
Olivier Maltais: ***½
Sébastien Veilleux: ***½
 

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