Shame (La honte) ****

16 décembre 2011

Film vu dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma

Brandon (Michael Fassbender), un séduisant trentenaire newyorkais, est atteint d’une véritable dépendance au sexe. Lorsque sa jeune sœur (Carey Mulligan) emménage momentanément chez lui, il essaie de lui cacher sa vraie nature.

Réalisateur : Steve McQueen | Dans les salles du Québec le 16 décembre 2011 (Alliance Vivafilm)

Dès les premières images de Shame (le second film de la nouvelle coqueluche des festivals Steve McQueen, prix FIPRESCI à Venise cette année) nous sommes impressionnés par sa grande maitrise formelle. L’utilisation du format large associé à un sens du cadre remarquable nous subjugue en quelques plans, le soin apporté à la bande son est indéniable et le travail de montage est particulièrement convaincant. Rapidement, le décor est posé et le personnage, présenté. La suite, plus dialoguée (mais jamais trop), est une succession de scènes jamais explicatives ni impudiques qui nous permettent d’en savoir plus sur le héros (Michael Fassbender, parfait), sa dépendance au sexe et son incapacité à développer une relation autre que purement sexuelle (à ce titre, son rendez-vous avec sa collègue de travail (Nicole Beharie) est une merveille d’intelligence).
D’une sensibilité qui n’a d’égal que son efficacité, Shame est un beau portrait d’homme moderne. C’est aussi un film rare, juste et d’une apparente sobriété qui s'autorise cependant quelques prises de risques visuelles (une scène de triolisme très graphique et très réussie).
Jamais graveleux ni provoquant malgré son sujet, Shame confirme le talent de Steve McQueen. Nous ne pouvons qu’espérer qu’il rencontrera le public qu’il mérite!
 

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