Intouchables ***

13 avril 2012

Philippe (François Cluzet), un riche aristocrate paralysé depuis un accident de parapente, engage comme aide à domicile Driss (Omar Sy), un jeune de banlieue qui vient de sortir de prison. La rencontre improbable entre ces deux personnes que tout oppose va se transformer petit à petit en amitié.

Réalisateurs: Éric Toledano et Olivier Nakache | Dans les salles du Québec le 13 avril 2012 (Alliance Vivafilm)

Avec plus de 19 millions de spectateurs en France, Intouchables est le nouveau gros succès du cinéma français. Mais contrairement à Bienvenue chez les Ch’tis, Éric Toledano et Olivier Nakache ont le mérite d’aborder de front la réalité sociale pour donner plus de force à leur message de tolérance. Certes, le regard qu’ils portent sur les différences sociales des deux protagonistes est volontairement succinct (il s’agit avant tout d’une comédie), mais ils parviennent à rendre crédibles ces deux univers : celui des très riches (de plus en plus riches?) et des pauvres (de plus en plus nombreux?). Pour que cela fonctionne, ils ont eu la bonne idée d’affubler chaque personnage d’un handicap (d’après Éric Toledano, « l’un est frappé d’un handicap physique, l’autre d’un handicap social », lire notre entrevue) et de rendre leurs souffrances plus complexes qu’elles ne semblent l’être (Philippe fait face avec plus de force à son handicap qu’à la perte de sa femme; Omar, qui sort de prison, semble plus préoccupé par les difficultés de ses proches que par les siennes). Philippe et Driss sont ainsi sur un pied d’égalité malgré leurs différences, ce qui rend plus crédible leur rapprochement.
Cependant, Éric Toledano et Olivier Nakache, en multipliant les efforts pour ne pas rebuter le spectateur, cèdent parfois à la facilité. Ils font ainsi évoluer leur récit à trop grands pas, en s’appuyant sur quelques scènes marquantes (des gags qui s’étirent parfois un peu trop, un anniversaire trop mémorable, une promenade nocturne trop touchante, une course poursuite trop spectaculaire…). Inévitablement, ce choix finit par provoquer des problèmes de rythme en donnant aux scènes plus neutres des allures de baisses de régime.
Malgré cette réserve, la balance finit par pencher du bon côté, probablement grâce à la performance des deux acteurs principaux. François Cluzet, devenu avec le temps un des acteurs majeurs du cinéma français, est une fois de plus à la hauteur de nos attentes et Omar Sy, jusqu’alors surtout connu pour des sketches télévisuels, parvient à savamment contrôler sa force comique. Leur belle entente, leur capacité à rendre possible ce couple improbable et à faire cohabiter le rire et l’émotion (leur dernier échange de regard est à faire verser une larme au spectateur le plus endurci) et leur refus de se livrer à un combat d’égo permettent au film de tenir debout malgré ses faiblesses.
Intouchables n’est probablement pas le film de l’année et son succès français est probablement un peu disproportionné… mais reconnaissons tout de même que le résultat fonctionne plutôt bien. Ne gâchons pas notre plaisir et profitons-en!
 

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