Amador ***

1 juin 2012

Marcela (Magaly Solier, l’héroïne de La teta asustada) accepte de s’occuper d’une vieil homme malade (Celso Bugallo) afin d’aider son couple à subvenir à ses besoin. Mais un événement imprévu force Marcela à choisir entre écouter sa conscience ou agir par nécessité.

Réalisateur: Fernando León de Aranoa | Dans les salles du Québec le 1er juin 2012 (Cinéma du Parc)

Amador est un film parsemé d’une multitude de qualités: une attention sensible accordée à son personnage principal, un goût pour une certaine lenteur à la fois assumée et maîtrisée, une mise en scène élégante, un beau sens du découpage, un sens comique agissant par petites touches sans jamais sembler incongru malgré un sujet a priori grave, une capacité à traiter efficacement des difficultés économiques sans en faire le sujet central du film. Mais ces qualités et le refus constant de céder à la facilité sont régulièrement contrecarrés par des micro-défauts. Le symbolisme trop appuyé (la surexploitation du thème “la vie est un puzzle”) ou les dialogues parfois trop explicatifs (ils sont particulièrement rares... mais finissent paradoxalement par être trop nombreux) donnent en effet l’impression que Fernando León de Aranoa ne fait confiance ni à la force (pourtant) évidente de sa mise en scène, ni à sa capacité à créer des personnages convaincant mais peu loquaces. Comme s’il doutait de lui (ou de l’intelligence des spectateurs?), il a tendance à surcharger un film que l’on aurait souhaité encore plus épuré d’un point de vue dramatique, encore moins dialogué, et, osons le dire, encore plus lent...
Ces reproches ne doivent pas décourager les spectateurs de découvrir un film délicieusement immoral et truffé de qualités. Ils empêchent toutefois Amador d’être à la hauteur de ce qu’il aurait pu être!
 
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