Un amour de jeunesse *½

13 juillet 2012

Camille (Lola Creton) a 15 ans, Sullivan (Sebastian Urzendowsky) en a 19, et ils s’aiment. Lorsque Sullivan part pour l’Amérique du Sud, le monde de Camille s’écroule. Pourtant, elle retrouve goût à la vie et à l’amour grâce à son professeur d'architecture (Magne Havard Brekke). Mais Sullivan refait son apparition...

Réalisatrice: Mia Hansen-Løve | Dans les salles du Québec le 13 juillet 2012 (Métropole Films Distribution)

Son précédent film (Le père de mes enfants) nous avait confirmé le talent de Mia Hansen-Løve et sa capacité à rendre significatifs les silences. Mais pour cela, il faut quelque chose (pourquoi pas des personnages convaincants?) autour des dits silences.
Malheureusement, au début du film, les jeunes tourtereaux n’ont plus vraiment la naïveté de l’adolescence, ni acquis la maturité de l’adulte. Avec un peu de talent, cet entre-deux aurait pu être intéressant, mais les amoureux de Mia Hansen-Løve sont un peu trop benêts pour convaincre. On se dit alors qu’en se faisant par la suite observatrice des jeunes adultes que sont devenus les héros, la cinéaste va retrouver un peu de justesse. C’est malheureusement pire. Neuf ans ont passé mais les personnages semblent ne pas avoir évolué psychologiquement, et l’absence de justesse dans l’observation de leur relation se fait toujours ressentir. Cette sensation fort désagréable est aggravée par l'âge des comédien (couper les cheveux de sa comédienne pour lui faire prendre 9 ans ne convainc qu’à moitié!). Nous espérions que l’œuvre du temps allait donner un second souffle au film en étoffant ses personnages, mais il n’en est rien. L’ensemble sonne toujours aussi faux (il faut dire que le jeu de Sebastian Urzendowsky n’aide pas à corriger le tir) et les dialogues restent trop (et surtout mal) écrits. Certes, la partie centrale est plus convaincante et nous rappelle subrepticement le talent de la réalisatrice (Magne Havard Brekke est, il est vrai, plus apte à donner un sens aux silences que le bien fade Sebastian Urzendowsky). Mais pris en tenaille entre deux épisodes poussifs, cet intermède ne permet pas à Un amour de jeunesse d’être autre chose qu’une grosse déception.
Oublions vite et attendons le prochain film de Mia Hansen-Løve avec impatience... en croisant les doigts!
 

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