Compliance ***

10 août 2012

Une employée de restaurant (Dreama Walker) est accusée d'avoir commis un vol. Alors qu'elle clame son innocence, l'agent de police chargé du dossier (Pat Healy) transmet par téléphone des instructions à la gérante de l'établissement (Anne Dowd) afin qu'elle effectue une fouille. Les heures passent, les directives de l'agent se font de plus en plus étranges.

Réalisation : Craig Zobel | Dans les salles du Québec le 10 août 2012 (Les Films Séville)

Le film, qui s'ouvre sur l'inscription « inspiré de vrais évènements » se révèle troublant. Ayant comme producteur exécutif David Gordon Green (George Washington, All The Real Girls) qui retourne l'ascenseur à Zobel (qui avait le même rôle sur George Washington), Compliance est un film qui joue sur la notion de coupable et de victime en brouillant constamment les cartes et en mettant en évidence la fragilité de la ligne qui les sépare. Plus l'interrogatoire de Becky avance (même lorsqu'on apprend la véritable identité de l'agent de police, qui demeure pour les personnages la voix de l'ordre et de la morale), plus on se sent inconfortable dans notre position de spectateur.
La jeune femme, qui subira une humiliation sans nom, arrive à susciter révolte et incompréhension. D'une part, parce que l'on sait qu'il s'agit d'un canular et d'une autre part, parce qu'on a peine à comprendre le manque d'esprit critique des autres employés du restaurant. Tout en souhaitant que la vérité éclate au grand jour, aucun des personnages ne semble être à la recherche de celle-ci (même ceux qui s'opposent aux sévices faits à Becky). Ainsi, tout au long du film, on se demande comment le réalisateur va conclure son récit et par le fait même relâcher la tension qui se fait de plus en plus malsaine. Cela intervient durant les quinze dernières minutes, qui demeurent les plus faibles de l'ensemble. L'arrestation du coupable, ainsi que l'enquête menant à cette arrestation, sont des plus décevantes (quelques coups de téléphone en quelques coupes et le voilà démasqué). Cette séquence brève et complètement inutile n'apporte rien d’autre que la satisfaction illusoire de voir le bien l'emporter une fois de plus sur le mal.
Mais malgré cette fin, le réalisateur parvient surtout à démontrer que lorsque le mal est fait, il est difficile à oublier. Face à certains événements, il se trouve même, peut-être, en chacun d'entre nous!
 

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