Klown (Klovn: The Movie) ***

24 août 2012

Frank (Frank Hvam), un adulescent d’une immaturité peu commune, vient d’apprendre que sa conjointe est enceinte. Pour prouver qu’il est capable d’être un bon père, il décide d’emmener avec lui son neveu de 12 ans (Marcuz Jess Petersen) pour une petite fin de semaine en canoë. Mais ce petit séjour champêtre était surtout l’occasion pour son ami et compagnon de voyage Casper (Casper Christensen) de copuler avec le plus de femmes possible!

Réalisateur: Mikkel Nørgaard | Dans les salles du Québec le 24 août 2012 (Cinéma du Parc)

Amateurs de bon goût, s’abstenir! Soyez-en prévenus, ce film n’est probablement pas pour vous!
Amateurs de doigts dans l’anus, de sperme dans l’œil et de playboy sodomisé, unissez-vous pour vénérer cette adaptation cinématographique de la série danoise du même nom!
Mais attention, ce singulier Klown est nettement supérieur à tout ce que la phrase précédente pourrait vous laisser imaginer. La caméra tenue à l’épaule, avec une légère tendance à la bougeotte et à la zoomite, parvient à donner une impression de prise sur le vif sans pour autant donner la nausée (comme le fait parfois celle d’un illustre compatriote). Cette impression est renforcée par le jeu incroyablement naturel des acteurs. De l’adulescent à son ami playboy de pacotille, en passant par le gamin et les femmes consternées par la bêtise de leurs maris: tous les personnages (malgré l’immaturité hors norme des hommes) sont plus vrais que nature. Inutile de préciser qu’obtenir un tel résultat avec des acteurs américains musclés, botoxés et recousus de partout aurait été impossible.
Parvenant à merveille à se jouer des contraires (une ambiance réaliste et des situations improbables), le réalisateur Mikkel Nørgaard réussit un bel exploit. Il transforme en effet la bêtise en miroir grossissant de la réalité de nos fantasmes élémentaires du mâles (au hasard: envie de multiplier les partenaires sexuels et de ne pas dépenser son énergie à s’occuper d’un enfant). Mikkel Nørgaard nous montre ce que nous pourrions être sans un minimum de retenue, il y va à fond. Il fait cependant le choix judicieux de ne jamais se moquer du pauvre môme peu aidé par la nature ou de la pauvre belle-mère qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, mais plutôt de ces imbéciles irresponsables qui pourraient être les caricatures des pires dérives de nous-mêmes. Comme si la conscience d’avoir les bonnes cibles lui donnait les pleins pouvoirs, Mikkel Nørgaard se lâche. Il n’hésite pas à pousser le bouchon très loin... et cela fonctionne! Certes, c’est rarement subtil, certains gags tombent un peu à plat (mais pas tant que cela), les rebondissements sont improbables, mais l’ensemble est à pleurer de rire (à condition d’en accepter l’humour très sexuel).
À force de regarder tant de bêtise, le spectateur finit par se dire qu’il ferait mieux de continuer à agir de manière raisonnable en regardant de temps en temps les imbéciles se ridiculiser au cinéma. Ce Klown, avec son effet défouloir, serait donc d’une grande moralité. L’honneur est sauf... et cela nous permet de le conseiller sans honte, malgré son mauvais goût extrême!
 

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