Liaison royale / A Royal Affair (En kongelig affære) ****

25 janvier 2013

La reine Caroline Mathilde (Alicia Vikander) oublie son mariage arrangé avec un piètre roi (Mikkel Boe Følsgaard) dans les bras de l’influent médecin royal (Mads Mikkelsen). Cette relation aussi bien charnelle qu’intellectuelle sur fond de philosophie des Lumières aura une incidence considérable sur le Royaume du Danemark.

Réalisateur: Nikolaj Arcel | Dans les salles du Québec le 25 janvier 2013 (Métropole Films Distribution)

Lorsque l’on songe “film d’époque”, on pense immanquablement aux décors, aux costumes ou à la qualité de la reconstitution. Les amateurs du genre pourront être satisfaits avec Liaison royale puisque tout est là. Pour compléter cette base indispensable, le film de Nikolaj Arcel offre même en prime un cadre soigné et une lumière délicatement photographiée par Rasmus Videbæk.
Il serait pourtant réducteur de limiter Liaison royale à une succession de jolies images stériles. Jamais en effet elles ne viennent étouffer les performances de trois acteurs en très grande forme: Mads Mikkelsen (qui commence à avoir une carrière bien remplie), Alicia Vikander (vue récemment dans Anna Karénine) et Mikkel Boe Folsgaard (que l’on connaît moins malgré l’Ours d’argent du meilleur acteur obtenu à Berlin en 2012 pour ce film). Si les deux premiers livrent une performance tout en retenue, le rôle du troisième le porte vers tous les excès. Alors qu’il aurait pu sombrer facilement dans la caricature, il parvient à garder le contrôle en permanence, évitant le cabotinage et parvenant même à rendre prégnante la fragilité et la douleur d’un personnage a priori inconsistant.
À la justesse de la mise en scène et à la qualité de l’interprétation vient s’ajouter la perfection d’un scénario (signé du réalisateur Nikolaj Arcel en personne et également victorieux d’un Ours d’argent à Berlin) rendu accessible malgré sa complexité. Tous ces points forts contribuent à révéler trois personnages passionnants dont les relations personnelles (amicales, sentimentales et intellectuelles) finissent le plus logiquement du monde par avoir des répercutions politiques.
En 2h16 qui passent malheureusement trop vite, Nikolaj Arcel parvient avec force à brouiller les frontières qui séparent l’intime de la sphère publique, nous passionne pour l’histoire monarchique d’un pays que nous connaissons peu et nous livre surtout un film beau, accessible, intelligent, dont la nomination aux Oscars (dans la catégorie meilleur film en langue étrangère) est amplement méritée. Souhaitons-lui maintenant de rencontrer le public qu’il mérite.
 

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