La Grâce (Gnade) ***½

22 février 2013

Maria (Birgit Minichmayr) et Niels (Jürgen Vogel), deux Allemands en quête d’une nouvelle vie, partent s'installer avec leur fils Markus (Henry Stange) dans une région du Nord de la Norvège. Un soir, Maria est responsable d’un terrible accident. Le couple choisit de garder le secret.

Réalisateur: Matthias Glasner | Dans les salles du Québec le 22 février 2013 (ExCentris, en collaboration avec le Goethe-Institut)

Dès les premières images, Matthias Glasner nous montre une famille si morcelée que les trois personnages principaux nous donnent l’impression d’évoluer dans trois sphères différentes. Pourtant, lorsqu’un événement dramatique survient, ces êtres/bulles se rapprochent et se côtoient enfin. Le couple s'effritait, mais la situation les pousse de nouveau à communiquer et à retisser des liens. C’est d’ailleurs l’évolution des relations entre les personnages, bien plus que le drame lui même et ses conséquences directes, qui semble particulièrement intéresser Matthias Glasner. Sans avoir recours à de trop faciles confessions sur le poids de la culpabilité, il parvient avec justesse à rendre palpable l’incidence du drame dans les relations inter personnelles.
Pourtant, au-delà de ce refus de placer le drame au coeur du récit tout en en faisant son moteur, le film n’est pas exempt de petites faiblesses: le personnage du fils (et sa tendance à tout filmer via son téléphone portable) n’est pas assez exploité et donne le sentiment que sa seule utilité dans le récit est de permettre au réalisateur de chercher à introduire un faux suspense (le secret des parents finira-t-il par être dévoilé?). De plus, le refus fort louable d’un psychologisme excessif pousse parfois à des raccourcis qui nuisent au propos.
Cependant, la sincérité du portrait de ce couple porté vers la rédemption, la précision du développement du récit et la justesse des personnages secondaires finissent par prendre le dessus. Après deux heures de film, nous sommes convaincus de la réussite de la proposition, mais Matthias Glasner ne semble pas vouloir s’arrêter là et termine avec quelques minutes magnifiques filmées avec un téléphone portable. Cet instant de grâce justifie (enfin) l’existence du personnage du fils et sa fâcheuse manie de filmer tout ce qui se présente à lui. La grande classe!
 

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