Roche Papier Ciseaux *½

22 février 2013

Film vu dans le cadre des RVCQ 2013

Boucane (Samian), un jeune autochtone en partance pour Montréal dans l’espoir de trouver une vie meilleure, Lorenzo (Remo Girone), un vieil Italien sans le sous vivant avec sa femme mourante et Vincent (Roy Dupuis), un médecin radié de sa profession, vont voir leurs destins se croiser dans le milieu de la pègre chinoise montréalaise.

Réalisateur: Yan Lanouette Turgeon | Dans les salles du Québec le 22 février 2013 (Filmoption International)

Dès les premiers instants, Roche Papier Ciseaux semble prometteur et Yan Lanouette Turgeon réussit à présenter ses personnages avec une attention et un talent évident. Certes, la mise en place s’éternise un peu, mais l’exercice est plutôt réussi et nous permet de patienter avant le décollage du film. Malheureusement, celui-ci n’intervient jamais. Yan Lanouette Turgeon s’encombre d’un trop grand nombre de personnages ou de pistes narratives pour une mise en scène, certes d’honnête facture, mais peinant à rendre crédible la multitude d’éléments de son récit. Du coup, ses intrigues sonnent faux, ses personnages ne sont pas viables et la restitution de l’ambiance des bas-fond de la pègre chinoise montréalaise n’est pas plus convaincante que la tendresse éprouvée par le personnage de Lorenzo envers sa femme malade.
Ce n’est malheureusement pas tout. Après la symbolique du titre (chaque élément représente un personnage), la symbolique de l’éclipse vient enterrer définitivement tout espoir. Comme pour nous rappeler l’implacabilité du destin, le personnage de Beverley (Marie-Hélène Thibault, parfaite en serveuse / pute) nous rappelle au milieu du film qu’une éclipse est l'alignement de trois éléments (le premier éclaire le deuxième, plongeant ainsi le troisième dans l’ombre). La récurrence des allusions au phénomène astronomique nous fait donc progressivement et sans grande finesse comprendre que de roche, papier, ciseaux, nos personnages sont appelés à devenir soleil, terre et lune, c’est à dire qu’ils finiront par se rencontrer et qu’il permettront à l’un d’eux de disparaître!
Répétons-le, l’ambition était louable, mais vouloir gérer autant de personnages et une histoire aussi multiple qu’improbable en agrémentant le tout de symboles ostensibles était probablement trop pour un premier long métrage. La sobriété a parfois du bon, et nous espérons grandement que Yan Lanouette Turgeon s’en souvienne pour son prochain long métrage. Il possède du talent et nous aimerions bien en profiter!
 

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