Sarah préfère la course ***

7 juin 2013

Sarah (Sophie Desmarais) a 20 ans, demeure dans la région de Québec avec ses parents et ne vit que pour la course. Lorsque l’université Mc Gill lui propose de rejoindre son équipe d’athlétisme, elle accepte contre l’avis de sa mère de se lancer dans l’aventure.

Réalisatrice: Chloé Robichaud | Dans les salles du Québec le 7 juin 2013 (Les Films Séville)

Quel Québécois n’a pas entendu parler de Sarah préfère la course et de Chloé Robichaud? À 25 ans, la jeune réalisatrice connaît en effet une notoriété expresse en raison de la sélection de son film à Cannes, dans la section “Un certain regard”. Il serait toutefois regrettable que la surmédiatisation du film génère des attentes que sa modestie risque de décevoir. Car malgré sa sélection cannoise, Sarah préfère la course est un petit film comme il en sort des centaines tous les ans de par le monde. Mais attention de ne pas se méprendre. Petit et modeste ne veut pas dire mauvais. Il comporte d’ailleurs de belles qualités: un cadre soigné, des dialogues bien écrits et non dénués d’humour, une attention portée à la définition des personnages (quelle que soit leur importance dans le récit, aucun n’est caricatural). Mais la plus belle des qualités, c’est Sarah. D’une part, le personnage est passionnant dans sa manière de paraître si décalé par rapport à l’idée que l’on se fait de la jeunesse actuelle, mais surtout, elle est interprétée par une Sophie Desmarais magnifique (que l’on a hâte de revoir très vite chez Éric Morin et Sébastien Pilote). Le film n’évite cependant pas quelques erreurs que nous mettrons sur le compte du jeune âge de sa réalisatrice (également scénariste). L’écriture manque en effet un peu d’assurance et Chloé Robichaud donne parfois l’impression de multiplier les personnages ou les intrigues secondaire (le mariage blanc par exemple) pour maintenir l’attention du spectateur... alors que nous aurions au contraire souhaité qu’elle se consacre plus à Sarah et à sa bulle.
Au final, Sarah préfère la course est donc un beau portrait de femme certes imparfait mais agréable, et surtout très prometteur. Chloé Robichaud, qui ne cherche pas à nous en mettre plein la vue dès son première film (contrairement à Yan Lanouette Turgeon ou à Jimmy Larouche, pour ne citer que les cas québécois les plus récents) fait plutôt preuve d’une certaine humilité. Espérons qu’elle soit capable de voir ses petites faiblesses et d’en tirer profit pour la suite... nous avons très hâte de voir ce que cela va donner.
 

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