12 years a Slave ***½

1 novembre 2013

En 1841, l’américain de descendance africaine Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor), vit librement avec sa famille dans le Nord-Est des États-Unis. Après un contrat qui le conduit loin de chez lui, il est enlevé et revendu comme esclave dans le Sud.

Réalisateur: Steve McQueen | Dans les salles du Québec le 1 novembre 2013 (Fox Searchlight)

Dès les premières images, le sens du cadre dont fait preuve Steve McQueen impressionne et sa capacité à laisser l’image jouer un rôle plus narratif qu’illustratif nous rassure. Le talent avec lequel il laisse durer ses plans (la scène de la pendaison est la plus significative) est également très réjouissant et éloigne de manière salvatrice 12 Years a Slave de nombre de productions grand public. Pourtant, contrairement à Shame  ou à Hunger, 12 Years a Slave cherche indéniablement à plaire au plus grand nombre. D’ailleurs, cette adaptation d’un bouleversant roman autobiographique a tout pour être le prochain favori des Oscars: le courage d’un individu, la culpabilité d’une nation, le thème antiraciste, les qualités techniques irréprochables (de la reconstitution à la direction photo), le casting de luxe (l’excellent Chiwetel Ejiofor entouré de gros noms comme Michael Fassbender, Paul Giamatti ou Brad Pitt dans le rôle du gentil Canadien barbu). En ce sens, on peut presque y voir une sorte d’exercice de style de la part de Steve McQueen, dont le cinéma était jusqu’à maintenant plus fait pour les grands festivals que pour les Oscars. Il s'acquitte d’ailleurs si bien de sa tâche qu’après une première heure irréprochable, il semble parfois un peu pris au dépourvu dans sa tentative de concilier sa volonté de plaire au plus grand nombre avec sa personnalité et son envie de faire un cinéma artistiquement exigeant. Malgré tout, l’ensemble finit par porter ses fruits et (à l’exception d’une dernière scène digne du plus mauvais Spielberg et portée par la volonté aussi indécente que ridicule de faire couler une larme au spectateur), il faut bien avouer que le résultat est des plus satisfaisants.
À la fois film d’un réalisateur éminemment talentueux et film trop ostensiblement étiqueté “dans la course aux Oscars”, 12 years a slave nous donne envie de voir Steve McQueen obtenir la statuette qu’il semble tant convoiter. On espère juste qu’après cela, il reviendra au plus vite à un cinéma plus personnel!
 

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