DVD: Dirty Wars ***

22 octobre 2013

(documentaire réalisé par Rick Rowley ; DVD disponible au Québec chez Métropole Films le 22 octobre 2013)

À Gardez, en Afganhistan, deux hommes et trois femmes sont tués par les forces spéciales américaines qui prennent bien soin d’extraire les balles des corps pour ne pas laisser de preuves de leur action. Le journaliste d’investigation Jeremy Scahill commence une enquête à propos de cette unité d’élite qui répond aux ordres directs de la Maison Blanche.
Visuellement, Rick Rowley fait un travail remarquable et parvient par la seule force de ses images à nous plonger dans un climat inquiétant, entre le film d’enquête et le film d’espionnage, où rien n’est sûr, où l’information est confinée dans les hautes sphères de l’État, et où le pire peut frapper à tout moment! Il parvient ainsi à nous faire ressentir la complexité du travail d’investigation du journaliste Jeremy Scahill, qui essaie tant bien que mal de percer les secrets du JSOC (Joint Special Operations Command). Le problème est que le film aborde en réalité deux sujets et qu’aucun des deux n’est parfaitement traité. D’une part, le sujet pourrait être le travail d’enquête d’un journaliste, mais celui-ci étant producteur et auteur du film, il n’y a pas assez de recul pour l’aborder de manière convaincante (de plus, le film ne va pas assez vers les états d'âme de Scahill pour se donner des allures de journal intime). D’autre part, le sujet pourrait être le rôle des forces spéciales à l’heure où les ennemis sont de moins en moins des États et de plus en plus des nébuleuses terroristes. Mais dans ce cas, l’approche n’est pas assez globale et se focalise uniquement sur les bavures, ne s'interroge pas sur leur éventuelle nécessité, sur leur fonctionnement ou sur la limite à établir entre le respect du droit et la nécessité d’assurer sa sécurité.
Le film a tout de même le mérite de faire ouvrir les yeux sur certains agissements, en s’appuyant sur une cinématographie réellement captivante. Pour cette seule raison, et malgré le manque de nuance de son propos, Dirty Wars aurait largement mérité une sortie en salles. Une fois de plus, nous devrons nous en passer!
 

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