Adieu au langage ***

20 octobre 2014

Jean-Luc Godard expérimente la 3D.

Réalisateur: Jean-Luc Godard | Dans les salles du Québec le 20 octobre 2014 (Cinéma du Parc)

Cela fait bien longtemps que Jean-Luc Godard ne se cache plus derrière une histoire à raconter pour faire des films. Depuis de longues années, il expérimente (beaucoup), s'amuse (un peu) et nous subjugue par des images dont la beauté nous semblait inimaginable (parfois).
Avec l'avènement de la 3D, ce jeune cinéaste de 83 ans a trouvé une nouvelle source d'expérimentation et ne nous déçoit pas. Certains plans de son Adieu au langage sont en effet si beaux et innovants qu'ils nous donnent l'impression de voir des images en relief pour la première fois. D'autres sont si judicieux qu'ils explorent de nouvelles règles, comme ce plan 3D qui se dédouble grâce au mouvement d’une des deux caméras de prise de vue pour nous proposer une superposition de deux images (que le spectateur peut décider de voir seule(s) selon son bon vouloir en fermant l'œil de son choix) avant de fusionner à nouveau pour revenir à la 3D.
On l’aura compris, Godard ne se contente pas de faire de la 3D, mais continue de faire ce qu’il fait le mieux: il subjugue, agace, provoque, s’amuse... mais surtout, il s’interroge comme personne sur les évolutions possibles de son art.
Ceux qui crieront au génie avec ce film feront cependant peut-être preuve d’un emballement un peu excessif, mais une chose est sûre: le cinéma sans Godard ne serait pas vraiment le même. Pourvu qu'il fasse comme Manoel de Oliveira et qu'il lui prenne la bonne idée de tourner jusqu'à plus de 100 ans. Nous en avons besoin!
 

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