Diplomatie ***½

21 novembre 2014

Le général Dietrich von Choltitz (Niels Arestrup) reçoit l’ordre d’Hitler de détruire Paris. Le seul homme qui peut le dissuader est le consul suédois Raoul Nordling (André Dussollier).

Réalisateur : Volker Schlöndorff | Dans les salles du Québec le 21 novembre 2014 (Métropole Films)

Transposition de la pièce de théâtre de Cyril Gély qui a lui-même participé au scénario, Diplomatie part d’un fait vécu pour extrapoler vers la fiction. Les données politiques et historiques au cœur de la prémisse sont cependant traitées de façon universelle, renvoyant à tous ces conflits guerriers qui pourraient être réglés à coup de diplomatie, mais également de manipulations et de mensonges.
Ne reniant nullement ses origines, le film utilise un minimum de moyens pour recréer habilement ce sentiment de fin de régime. Le monde s’écroule, le chaos prend le dessus et le cinéphile pense invariablement au Soleil de Sokourov ou au Les adieux à la reine de Jacquot.
Sans être du même calibre, Diplomatie passionne cependant presque de bout en bout, surtout lorsqu’il demeure dans les vases du huis clos. Les égarements sont plus dommageables (vers le champ de bataille avec l’insertion d’archives plus ou moins réussie), mais ils ne sont pas nombreux. 
Bien entendu, ce genre d’exercice vaut surtout pour la confrontation des deux monstres sacrés. Comme d’habitude, Niels Arestrup prend d’abord toute la place, ne faisant qu’une bouchée de son adversaire. L’acteur incarne mieux que quiconque les êtres inquiétants et il arrive à mélanger monstruosité et humanité au sein d’un même personnage. Omniprésent au cinéma français alors qu’il n’a pas trouvé un rôle à sa hauteur depuis des lustres, André Dussollier peut enfin sortir l’artillerie lourde. Le comédien manie le verbe avec brio, rendant la monnaie de sa pièce à son némésis. Ces nombreuses joutes oratoires peuvent paraître verbeuses (et elles le sont)... elles demeurent pourtant essentielles au propos, d’une modernité étonnante.
Sorte de prolongement d’un segment marquant de l’important Paris brûle-t-il? de René Clément (là aussi, la tension était palpable entre Gert Fröbe et Orson Welles), Diplomatie demeure une œuvre à la fois figée et palpitante, où le grand cinéaste Volker Schlöndorff (Le tambour, Le coup de grâce) fait beaucoup avec peu!
 

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