Still Alice ***

23 janvier 2015

Alice Howland (Julianne Moore), une linguiste renommée, commence petit à petit à perdre ses mots. Le diagnostique médical sera sans appel: elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Réalisateurs: Richard Glatzer et Wash Westmoreland | Dans les salles du Québec le 23 janvier 2015 (Métropole)

En adaptant le roman à succès d’une neuroscientifique (Lisa Genova), les réalisateurs disposaient à l’évidence d’une source de documentation intéressante. La rigueur scientifique supposée du roman de départ n’enlevait cependant en rien au film son statut de film-piège, ce genre d'oeuvre pouvant facilement sombrer dans la facilité (de l’interprétation caricaturale de la maladie aux facilités lacrymales, les causes ne manquent pas!).
Pour ce qui est de l’interprétation, nous n’avons aucun reproche à faire à Julian Moore, une fois de plus parfaite. En interprétant ce rôle taillé pour les Oscars, elle aurait pu en faire trop, comme le font souvent ses collègues. Elle semble essayer au contraire d’en faire le moins possible, en s’appuyant surtout sur l’essentiel et en privilégiant la sensibilité et la subtilité à la recherche de l’émotion à tout prix. En refusant ainsi de prendre le spectateur en otage de ses émotions, elle réussit à émouvoir encore plus!
La deuxième source d’inquiétude concernant ce genre de sujet est le potentiel recours à une multitude de facilités. De ce point de vue, le travail accompli est globalement satisfaisant, même si nous regrettons une mise en scène (du moins au début) et une musique un peu trop convenues, qui nous plongent trop souvent dans l’univers du “film américain qui traite d’un sujet difficile”. De plus, quelques trouvailles d’écriture sont particulièrement mal exploitées (le suspense engendré par le suicide programmé… indéniablement la scène la plus ratée et malhonnête du film). Ce reproche est d’autant plus regrettable que le scénario est par ailleurs assez bien écrit et parvient continuellement à respecter sa logique initiale (nous faire vivre l’évolution de la maladie du point de vue de la malade), ce qui n’est pas évident lorsque l’on parle d’une maladie neuro-dégénérative (signalons à ce sujet que la mise en scène, intelligemment évolutive, parvient à traduire avec force les intentions d'écriture).
Au final, Still Alice restera donc comme une oeuvre certes relativement mineure mais d’une belle sensibilité et interprétée par une actrice en pleine maîtrise de son art. Le rôle qu'incarne Julian Moore a certes tout du «rôle à Oscar»… il serait pour une fois amplement mérité!
 

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