The Gunman (Le tireur) ***

20 mars 2015

À la suite d'un assassinat politique au Congo, le tueur à gages responsable de l'acte (Sean Penn), doit quitter le pays ainsi que la femme qu'il aime. Huit ans plus tard, il est rattrapé par son passé lorsque les membres de son équipe sont assassinés à leur tour.

Réalisateur : Pierre Morel | Dans les salles du Québec le 20 mars 2015  (Remstar)

Une intrigue bien ficelée, un scénario enlevant et des performances d'acteurs inspirés font de Gunman un film d'action extrêmement divertissant. Les deux premiers tiers du film nous présentent un héros à la fois brisé par la vie, mais en pleine possession de ses moyens. Dans le rôle du héros en quête de rédemption, Sean Penn excelle à tous les niveaux. Même si certaines dérives du scénario nous entraînent vers des excès de pathos, la performance des plus physiques de l'acteur permet au film de garder sa raison d'être et d'en faire plus qu'un simple film de fusils, d'explosions et de jolies femmes.
Pierre Morel est en voie de devenir le réalisateur spécialiste du héros vieillissant (Liam Neeson dans Taken) combattant les injustices d'un monde corrompu par le pouvoir et l'argent. Tout comme dans Taken, où l'appât du gain était la source du mal, le phénomène est reproduit ici. Le héros de The Gunman se bat lui aussi contre le système qui l'a engagé pour tuer un ministre.
Cependant, si les répercussions morales et monétaires de ce geste sont évoquées au cours du film (le sentiment de culpabilité du personnage principal est d'ailleurs très marqué), on pourra reprocher au scénariste de ne pas être allé au bout de son idée. Comme c'est souvent le cas, le personnage principal aura droit à la rédemption et à une certaine fin heureuse. Certes, le dénouement nous fait ressentir qu'il demeurera marqué à vie par le geste qui a causé des conflits armés dans le pays. Mais au final, on évoque très peu ceux qui y sont restés, ceux qui se sont battus, qui sont morts ou qui sont devenus des enfants soldats, conséquences directes et indirectes de l'assassinat politique. Il n'y aura donc probablement pas de suite où l'on suivrait le parcours d'un enfant qui a tout perdu suite à la guerre et qui aurait grandi avec le désir de rétablir l'ordre et tuer à son tour l'homme qu'il croit responsable de la guerre civile qui a dévasté son pays. Ce n'est probablement pas le film qu'un studio est prêt à produire.

 

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