Souvenirs de Marnie / When Marnie Was There (Omoide No Mâni) ***½

5 juin 2015

Une adolescente solitaire qui passe son été dans un village pour soigner sa santé défaillante se lie d’amitié avec une mystérieuse fillette de son âge.

Réalisateur : Hiromasa Yonebayashi | Dans les salles du Québec le 5 juin 2015 (Gkids)

Ultime animation du Studio Ghibli, Souvenirs de Marnie s’inscrit dans la continuité des opus d’Hayao Miyazaki et d’Isao Takahata. Il s’agit d’un dessin animé pour toute la famille qui aborde des thèmes délicats (ici la solitude, l’adoption et la nécessité de créer des liens) avec une grande intelligence et beaucoup de sensibilité.
Sorte de croisement entre les illustres Mon voisin Totoro et Le vent se lève, le récit à fleur de peau semble être touché par la mélancolie. Ce sentiment est de tous les plans, prenant peu à peu de l’expansion et soufflant par sa grâce et sa beauté. Ce mélange de joie et de tristesse atteint son paroxysme dans la dernière demi-heure, triste à souhait.
S’il ne se passe pas grand-chose dans toute cette histoire, notre héroïne ira de découvertes en découvertes qui lui permettront de vivre une existence meilleure. Les quelques surprises qui parsèment le scénario se devinent aisément, mais cela n’affecte en rien la progression généralement harmonieuse. Même les longueurs et répétitions enrichissent les réflexions sur la famille, l’amitié et la transmission qui elles, ne tendent jamais à être didactiques ou moralisatrices.
Au contraire, c’est la vie qui triomphe au grand jour et elle s’exprime par des personnages attachants et des dessins simples et souvent magnifiques. Sans atteindre le standard de l’exquis Le conte de la princesse Kaguya, ces traits animés séduisent amplement la rétine en prenant soin de ne pas faire d’ombre aux sujets abordés.
Se situant quelque part entre le rêve, la réalité, le fantasme et les réminiscences du passé, Souvenirs de Marnie confirme le grand talent que le cinéaste nippon Hiromasa Yonebayashi avait timidement montré dans son précédent et beaucoup plus quelconque Arrietty, le petit monde des chapardeurs. Il laisse d’ailleurs entrevoir de très belles choses pour le futur à travers ce film qui, une fois débarrassé de son ton un peu trop verbeux, aurait pu devenir essentiel. Il n’en demeure pas moins fortement recommandable.
 

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