Anatomie d'un double crime / Marshland (La isla minima) ***

14 août 2015

Film vu dans le cadre de Fantasia 2015

Dans l’Espagne post-franquiste du début des années 80, deux flics que tout oppose sont envoyés dans une petite ville andalouse pour enquêter sur la disparition de deux adolescentes.

Réalisateur: Alberto Rodriguez | Dans les salles du Québec le 14 août 2015 (AZ Films)

Les premières images de La isla minima (des vues aériennes de paysages aux formes troublantes) sont tout simplement magnifiques. Qu’on se rassure cependant: le film n’est pas une suite de cartes postales destinées à vanter la beauté d’une petite région espagnole. Il s’agit avant tout d'un film d'enquête sur l'enlèvement et le meurtre d'adolescentes. D'ailleurs, vu sous cet angle, La isla minima est plutôt réussi. Alternance entre les journées ensoleillé et les nuits (à l’exception du dénouement qui a lieu sous un véritable déluge), intrigue solide, personnalités contradictoires des deux enquêteurs, mise en scène et photo particulièrement soignées: tout contribue à faire d'Anatomie d’un double crime un film plaisant à regarder et captivant d'un bout à l'autre. C’est peut-être d’ailleurs un peu là où la bât blesse. Jamais en effet il ne dépasse le stade du divertissement de qualité mais oubliable. Pour accéder à la catégorie supérieure et marquer les esprits, il lui aurait fallu le petit quelque chose qui lui aurait permis d'être autre chose qu'un petit polar bien fichu. Certes, les scénaristes Rafael Cobos et Alberto Rodriguez ont pris la peine de distiller quelques épices (contestations sociales, réminiscence du franquisme, passé mystérieux d'un des deux policiers) pour éviter que l’ensemble ne soit trop fade, mais jamais le film ne parvient à faire ce qui lui aurait permis de se surpasser (en proposant au spectateur de côtoyer d'un peu plus près le mal ou en faisant le portrait d'un milieu trop étriqué par exemple).
Malgré ses dix Goya, La isla minima est donc un petit film agréable à l’œil et plaisant à suivre. Ce n'est déjà pas si mal (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous le conseillons sans hésiter), mais ceux qui sont à la recherche d’un polar noir haut de gamme risquent de rester un peu sur leur faim!
 

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