The Walk (La marche) ***½

30 septembre 2015

Au début des années 70, le World Trade Center à peine terminé, le funambule français Philippe Petit (Joseph Gordon-Levitt) a la folle idée de relier les deux tours par un câble métallique et de tenter cette incroyable traversée à plus de 400 mètres du sol.

Réalisateur: Robert Zemeckis | Dans les salles du Québec le 30 septembre 2015 (Sony Pictures)

Le cinéma hyper commercial nous réserve parfois d'excellentes surprises. The Walk, le dernier film réalisé par Robert Zemeckis, est de celles-là. Sa grande force est probablement d'avoir compris qu'il ne suffit pas de s' inspirer d'un fait réel pour le rendre plausible, mais qu'il faut avant tout trouver la bonne approche. En prenant comme point de départ l'exploit hallucinant de Philippe Petit (tendre un câble métallique entre les deux tours du World Trade Center de New-York et passer d'une tour à l'autre à plusieurs reprises en prenant le temps de s'allonger sur le câble ou de s'agenouiller pour saluer la foule.. le tout à plus de 400 mètres du sol!), Zemeckis avait probablement conscience que pour nous faire croire à un tel exploit, il ne fallait pas jouer la carte du réalisme. L'aventure du funambule français ayant tout du rêve impossible, le réalisateur opte volontairement pour une approche irréaliste et nous propulse rapidement dans un univers où tout semble possible. Un Paris idéalisé, des personnages archétypaux, des problèmes qui sont très vite réglés et une bonne étoile qui plane sur toutes les têtes sont donc les principaux ingrédients de ce film... et cela fonctionne. Si on ajoute une maîtrise technique sans failles, des images magnifiques et un sens du rythme impressionnant (les deux heures du film défilent à la vitesse de l'éclair), on obtient un résultat aussi plaisant que paradoxalement très crédible (à défaut d’être réaliste).
Alors qu'importe si certains aspects du film sont trop marqués de l'empreinte du cinéma commercial américain… À une époque où le cinéma hollywoodien ne jure que par les super-héros, Zemeckis nous offre lui aussi un personnage qui peut se permettre d'être dans le vide à 400 mètres au dessus de New-York… mais à sa façon. Certes, ce personnage ne sauve pas le monde ou ne lutte pas contre le crime, mais il nous offre du rêve. En 74, le rêve d'un homme a probablement émerveillé ceux qui étaient au bon endroit au bon moment pour assister à cet exploit presque inhumain. Aujourd'hui, Zemeckis permet à tous de revivre une petite part de ce rêve.
Pour une fois que le cinéma commercial américain atteint avec tant de force son objectif, nous n’allons pas bouder notre plaisir!
 

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