Wolf Totem **½

11 septembre 2015

Un étudiant chinois qui se rend en Mongolie pour se familiariser avec la nature adopte un loup, au grand dam de son entourage qui chasse cette espèce sauvage.

Réalisateur : Jean-Jacques Annaud | Dans les salles du Québec le 21 septembre 2015 (Columbia)

Il fut une époque où tout ce que touchait le cinéaste français Jean-Jacques Annaud se transformait en or. Il y a eu évidemment La victoire en chantant qui a remporté l’Oscar du meilleur film étranger, mais surtout La guerre du feu, Le nom de la rose, L’ours ou L’amant qui demeure encore à ce jour d’un érotisme éclatant. Ces deux décennies de bonheur tranchent avec les vingts années suivantes, beaucoup plus ordinaires (Seven Years in Tibet, Enemy at the Gates, Two Brothers et l’horrible Or noir). Wolf Totem s’inscrit malheureusement dans cette lignée.
Comme toujours chez ce réalisateur, le soin apporté aux images est colossal. Les paysages coupent littéralement le souffle et quelques scènes d’action forcent l’admiration en mélangeant vent, neige, animaux et poursuites effrénées. Ces moments de grâce ne sont cependant pas assez nombreux.
Dès que l’histoire se développe le moindrement (il s’agit d’une adaptation du livre de Lu Jiamin) et que les personnages doivent parler, l’intérêt s’estompe rapidement. La trame narrative est d’une naïveté effarante, presque enfantine, alors que le traitement parfois violent risque d’effrayer un jeune public. Les morales sont nombreuses, toujours appuyées, et les notions de propagande ne sont jamais très éloignées. La faible consistance des interprètes rappelle que les loups sont ici plus intéressants que leurs homologues humains.
En tant que conte animalier qui souligne les vertus de la nature, Wolf Totem ne fait pas dans la subtilité et il est loin d’avoir le charme universel de L’ours. Certains rares moments graphiques et humanistes peuvent rappeler le travail magistral d’Akira Kurosawa dans son sublime Dersu Uzala. mais dans l’ensemble il ne s’agit que d’une série de vignettes, aussi spectaculaires que superficielles. On lui souhaite tout de même bonne chance pour les Oscars (il s'agit en effet de la sélection de la Chine)…
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: **½
Sébastien Veilleux: ***½
 

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