Green Room **½

6 mai 2016

Témoin d’un crime odieux, un groupe de musique punk qui peine à renouer avec le succès se retrouve séquestré par ce qui semble être une cellule néonazie.

Réalisation: Jeremy Saulnier | Dans les salles du Québec le 6 mai 2016 ( Les films Séville)

Profitant d’échos élogieux de la quinzaine des réalisateurs, Green Room du réalisateur américain Jeremy Saulnier (Blue Ruin) suscite beaucoup d’attente dès les premières minutes. Aidé par une mise en situation solide, le réalisateur qui possède un talent irréfutable pour le montage nous présente un groupe de musique intègre et libre. L’utilisation intelligente des ellipses provoque un rapport unique avec le temps. Dès lors, avec une économie de moyens, le réalisateur installe rapidement les personnages qui se retrouveront malgré eux, dans une situation des plus dramatiques.
Si la magie opère lors du prologue, la mise en place de l’intrique est plus laborieuse. Le conflit dramatique (la mort violente d’une jeune femme), source de tous les problèmes, est ainsi présenté avec un manque cruel de nuances. Le scénario s’empêtre par la suite dans une multitude de situations violentes. Si l’on ajoute à cela des dialogues explicatifs, le film peine à retrouver le mystère de l’introduction. Saulnier fait le pari (qu’il ne réussit pas totalement) d’une violence sourde et graphique. Si certaines scènes sont particulièrement dégoûtantes (il y aura beaucoup de sang versé), Green Room ne possède pas la force des films de certains réalisateurs dont ont sent clairement les influences (John Carpenter, Walter Hill).
De plus, la tension dramatique qui semble constamment forcée est transmise par des détails qui alourdissent le récit. Les personnages (pour la plupart) sont littéralement traités comme de la viande à chien. Alors que les morts s’empilent, on a du mal à rester accroché à l’histoire. Toutefois, l'excellente distribution d’acteurs réussit à nous garder captifs malgré une finale décevante.
Green Room, qui possède une matière première aussi riche qu’effrayante, ne parvient donc jamais à atteindre la profondeur souhaitée.
L'avis de la rédaction :

Miryam Charles: **½
Jean-Marie Lanlo: **½
Sami Gnaba: **½
 

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