Au nom de ma fille **½

17 juin 2016

André Bamberski (Daniel Auteuil) et Dany (Marie-Josée Croze) ont deux enfants. Lorsque le couple se sépare, ses deux enfants passent d’un parent à l’autre. Un peu plus tard, André apprend la mort de sa fille de 14 ans (Emma Besson), survenue dans des conditions troublantes. Il ne cessera de se battre pour que la justice fasse éclater une vérité qui semble déranger.

Réalisateur: Vincent Garenq | Dans les salles du Québec le 17 juin 2016 (AZ Films)

Après le très réussi Présumé coupable et le plus faible (mais non dénué de qualités) L’enquête, Vincent Garenq nous revient avec une autre «histoire vraie». Après l'affaire d'Outreau et l’affaire Clearstream, il s’attaque ici à un fait divers moins médiatisé (Affaire Kalinka Bamberski) mais garde le même thème: un homme seul contre tous se bat pour que justice soit rendue. L'intention du cinéaste est louable, et le combat du protagoniste est une fois de plus particulièrement respectable (un homme se bat pour que le nouveau conjoint de sa femme soit reconnu coupable du viol et de la mort accidentelle de sa fille, prétendument décédée de mort naturelle).
Malheureusement, autant le scénario de Présumé Coupable nous entraînait aux côtés du héros dans un cauchemar engendré par l’incompétence d’un homme (couvert en partie par le système), autant celui-ci (coécrit par Vincent Garenq et Julien Rappeneau) enchaîne les scènes de manière trop mécanique et fonctionnelle. La douleur ou l'abnégation du père ne sont jamais perceptibles, les personnages secondaires sont sommairement traités (le jeu très médiocre de Marie-Josée Croze n’aide pas!) et la charge systématique de Garenq contre la justice depuis plusieurs films commence à relever du règlement de compte stérile.
Il nous démontre une fois de plus et de manière de plus en plus laborieuse que si la justice finit par reconnaître la vérité (c’était aussi le cas dans ses deux films précédents) il est préférable d’avoir les moyens (financiers et / ou intellectuels) pour l’aider! Cette volonté de clamer que si tous les hommes sont égaux devant la justice, certains sont peut-être plus égaux que d’autres, est là encore très louable. Cependant, à force de toujours nous raconter la même chose, sa probable envie de créer une oeuvre à la thématique cohérente va finir par tourner au procédé, appliqué sans grande conviction ni rigueur d’écriture. C’est déjà le cas… Souhaitons-lui de sortir de son engrenage, sans quoi la suite de sa carrière pourrait devenir totalement insignifiante.
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: **½
Martin Gignac: ***
 

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