Louis-Ferdinand Céline **

10 juin 2016

Milton Hindus (Philip Desmeules), jeune écrivain juif et grand admirateur de Louis-Ferdinand Céline (Denis Lavant), rejoint ce dernier alors qu’il est en exil au Danemark. Ayant l’intention d’aider l’auteur accusé de collaboration avec les Nazis à obtenir le pardon mais également d’écrire un livre sur son sujet, le jeune homme se heurte à l’antisémitisme de son idole.

Réalisé par Emmanuel Bourdieu | Dans les salles du Québec le 10 juin 2016 (Axia Films)

Malgré un titre qui laisserait en présager autrement, Louis-Ferdinand Céline n’est pas le biopic du grand écrivain. Prenant le point de vue de Milton Hindus, le film s’intéresse à la courte relation difficile entre les deux hommes. Tenant pourtant un sujet fort, Emmanuel Bourdieu n’arrive pas à élever son sujet au-delà de l’anecdote, se contentant de constater platement l’affrontement de ses personnages.
Le film se limite rapidement à des formes théâtrales maladroitement apposées au cinéma. Les plans d’ensemble où les acteurs s’échangent les répliques d’un scénario verbomoteur sont le principal outil utilisé par Bourdieu. Si l’interprétation de Céline par Denis Lavant est habitée, l’acteur détonne de la sobriété de l’ensemble, sa performance étant plus adaptée à un univers éclaté. Face à lui, Philip Desmeules fait très peu avec un rôle qui, de toute façon, n’offre pas grand-chose. Seule Géraldine Pailhas interprétant Lucette, la femme de l’auteur, réussit à trouver une nuance salvatrice dans son rôle. Pourtant relégué au second plan, son personnage tout comme sa performance forment l’élément le plus intéressant du film.
Bourdieu semble pourtant regarder ailleurs. L’admiration et la subséquente déception d’Hindus étant foncièrement le centre de son film, le réalisateur n’offre qu’un conflit sommaire entre l’auteur et son admirateur. Très rapidement, Louis-Ferdinand Céline tombe dans la répétition de scènes d’affrontements suivis de réconciliations entre les deux personnages. Si leur rencontre a certainement son importance historique, le film est trop limité pour faire état de la signification des événements.
L'avis de la rédaction :

Olivier Bouchard: **
Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: ***
 

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