Mon ami Dino ***½

5 août 2016

Vu dans le cadre du festival Fantasia 2016

Les derniers jours de l’acteur Dino Tavarone, en combat contre une tumeur inopérable qu’il refuse de traiter.

Réalisateur : Jimmy Larouche | Dans les salles du Québec le 5 août 2016 (L'atelier Distribution)

Les racines du cinéma québécois sont ancrées, en partie, dans le cinéma direct: un mode de production qui questionne la relation entre fiction et réalité. En jouant parfois avec le réel, on y cherche à faire ressortir une vérité humaine spécifique, qui va au-delà des simples faits vécus pour en faire une réalité universelle. C’est l’objectif que se donne Jimmy Larouche avec son documentaire Mon ami Dino, qui, d’une main de maître, brouille la ligne entre vrai et faux.
Avec quelques entrevues auprès des proches de Dino Tavarone sur notamment sa carrière et sa vie en prison, le documentaire débute en territoire connu et ordinaire. Par contre, lorsque le diagnostic tombe et que sa situation se dégrade à vue d’œil, le cinéaste flirte avec les limites de l’exploitation avec des scènes intimes et vulnérables. Lorsque l'acteur partage l’écran avec des membres de son entourage confrontés à sa condition, les larmes sont généralement au rendez-vous.
La performance de Tavarone (un mélange d'authenticité et de dignité) évite au long-métrage de tomber dans la facilité mélodramatique. Son magnétisme nous permet de passer par-dessus le premier acte plus standard, et sa façon de maitriser et de captiver notre attention justifie à elle seule de lui dédier un documentaire.
En ouverture, lorsqu’on lui demande de pleurer sur commande, Dino envoie paître le documentariste. Ironiquement, il entreprend ensuite d’extraire des larmes de tous ceux qui l’entourent, acteurs ou non. Tout au long du récit, à travers de brefs indices, on assume pouvoir tracer la ligne entre réalité et mise en scène. Toutefois, la dernière scène force à la réflexion en venant faire tomber toute certitude. Ce moment, qui brise tout semblant de fiction et remet en question l’ensemble de l’œuvre, est-elle aussi mise en scène? Y avait-il même quelque chose de vrai plus tôt? Au final, ces questions importent finalement peu : même si le contexte est faux, lorsque les images à l’écran évoquent des émotions si fortes au public, qu’est-ce qui est simulé?
L'avis de la rédaction :

Olivier Maltais: ***½
Martin Gignac: ***
 

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