Une vie ***

24 février 2017

Jeanne Le Perthuis des Vauds (Judith Chemla) fait de son mieux pour passer par-dessus les nombreuses embûches que la vie sème sur son chemin.

Réalisé par Stéphane Brizé | Dans les salles du Québec le 24 mars 2017 (MK2 | Mile End)

Après son remarquable La loi du marché, Stéphane Brizé revient avec un autre protagoniste auquel la vie ne fait pas de cadeau.
Les premières scènes idylliques et ensoleillées frôlent l’insignifiance. Jeanne et sa famille jouent au backgammon, flânent, discutent de tout et de rien pendant que le public se questionne sur la pertinence de ces moments. Ces instants deviennent pourtant par la suite les souvenirs vitaux auxquels une Jeanne plus âgée se rattache pour traverser les moments plus durs. Le montage ingénieux utilise alors ces images du passé comme des réminiscences indispensables à la préservation de sa santé mentale. Elles reviennent fréquemment, de plus en plus teintées par les trahisons et les déceptions, chaque nouveau répit n’étant qu'une nouvelle étape vers la prochaine tragédie. Ce cycle semble impossible à arrêter et c’est sur ce point que le scénario devient légèrement redondant. Par contre, Jeanne ne perd jamais espoir devant l'adversité et son innocence sert de bouée de sauvetage pour garder le moral. Malheureusement, cette même naïveté est aussi un handicap qui l’empêche de retenir les leçons de vie essentielles pour rompre cette boucle.
Malgré l’époque à laquelle se situe l'action (le XIXe siècle), Une vie n’utilise pas les codes habituels du drame historique. Les dialogues donnent l’impression d’être parfois improvisés, avec des tics du langage parlé qu’on entend rarement au grand écran, comme des hésitations ou des phrases incomplètes. De plus, l'héroïne s’exprime avec un ton et un accent proche du français contemporain. La mise en scène adopte aussi une approche naturaliste et intime, avec de nombreux gros plans et peu de musique. Ces détails confèrent une texture réaliste et une certaine modernité rafraîchissante à un genre qui peut facilement être froid et distant.
Malgré quelques longueurs, Brizé réussit adroitement à raconter l’histoire de cette vie éprouvante, où même les moments de bonheur sont teintés de mélancolie.
L'avis de la rédaction :

Olivier Maltais: ***
Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: ***½
 

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