Iqaluit **

10 mars 2017

Carmen, l'épouse montréalaise d’un contremaître de chantier de construction de Grand Nord, apprend que son mari a été retrouvé inconscient et grièvement blessé. Elle se rend à Iqaluit et se rapproche d’un vieil employé inuk pour essayer de comprendre les circonstances qui ont mené à cet accident tragique.

Réalisateur: Benoît Pilon | Dans les salles du Québec le 10 mars 2017 (Séville)

Après dix ans de documentaires fructueux, Benoît Pilon est passé à la fiction et signe avec Iqaluit son troisième long métrage dans le domaine (son premier depuis Décharge en 2011). En posant un regard sur le quotidien d'une petite ville du Nunavut, Pilon frappe souvent dans le mille. Il réussit à rendre compte de la beauté des paysages de cette région éloignée, où les habitants (curieux mélange de travailleurs blancs et inuits) se côtoient et fréquentent les mêmes endroits. C’est dans cette description ou dans la poésie des images que le film obtient ses meilleurs moments. C'est également dans ce milieu où les hostilités sont de mise que le personnage incarné par Marie-Josée Croze mènera son enquête, propulsant le film entre suspense psychologique et drame sentimental.
Malgré les intentions nobles du réalisateur (qui pour la première fois signe seul un scénario à l’écran) de mettre l’accent sur la sensibilité et la détresse de sa protagoniste, l’émotion n’est pas au rendez-vous. On connaît peu le passé du personnage de Carmen, mais nous devons avouer ne pas avoir trop envie d'en savoir plus tant elle est sans saveur et peu attachante (le jeu fade de Marie-Josée Croze n'aide pas à la rendre plus sympathique). Pour ce qui est du suspense, tout est aussi familier que prévisible, aussi bien dans la grandeur des sentiments que dans son exécution ou son dénouement.
Heureusement, le réalisateur retrouve l’excellent Natar Ungalaaq (Atanarjuat) huit ans après Ce qu’il faut pour vivre. Dans le rôle un brin stéréotypé de l’ami du conjoint qui noue des liens avec Carmen tout en cherchant à éviter un drame familial, il est le seul personnage le moindrement intéressant de ce film qui n’est pas à la hauteur de ses ambitions.
L'avis de la rédaction :

Pascal Grenier: **
Martin Gignac: **½
Olivier Maltais: **½
Ambre Sachet: **
 

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