Rouyn-Noranda 2017: Téhéran Tabou **

2 novembre 2017

Réalisateur: Ali Soozandeh

Téhéran Tabou, film d’animation sur la schizophrénie iranienne (sexe, drogue et prostitution d’un côté; interdits religieux de l’autre) était un des plus attendus du festival. Il n’a clairement pas été à la hauteur!
Le choix d’avoir recours à l’animation semblait pourtant fort logique, en raison d’une censure qui ne permettait pas de filmer la ville comme le réalisateur l'aurait souhaité. son recours pour recréer les rues de Téhéran (et de manière générale, les décors), est d’ailleurs plutôt réussi. Malheureusement, pour les personnages, Ali Soozandeh a opté pour une rotoscopie du plus mauvais effet. Contrairement aux intentions du cinéaste (donner «plus de réalisme aux personnages»), au lieu de se réapproprier le réel comme dans une animation plus classique, il ne fait que le copier maladroitement, donnant ainsi à ses personnages un caractère grossier.
Ce n’est malheureusement pas tout: le scénario est également très faible. Il veut en peu de temps tout dire et tout montrer… mais parvient surtout à former qu'un amas démonstratif, indigeste et simpliste dans lequel essaient de se débattre des personnages définis de manière trop caricaturale, ce qui n’arrange rien au désastre rotoscopique.
Nous ne doutons cependant pas de la sincérité de la démarche, ni du besoin de condamner la lâcheté  de la société de son pays d'origine, comme le fait Ali Soozandeh. Nous retiendrons également une séquence aussi désespérée que touchante (un suicide aux ailes rouges!)... mais cela fait bien peu. Avec un scénario si simpliste et des choix d’animation si peu convaincants, le film partait avec un sérieux handicap. Il le traînera malheureusement jusqu’au bout!
 

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