16 mars 2018

Téhéran Tabou **

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Texte rédigé dans le cadre du festival de Rouyn-Noranda 2017

Des jeunes gens essaient comme ils le peuvent de s’émanciper en brisant les tabous d'une société iranienne schizophrène, prise entre le sexe,  la drogue et la prostitution d’un côté et les interdits religieux de l’autre.

Réalisateur: Ali Soozandeh | Dans les salles du Québec le 16 mars 2018 (AZ Films)

D'emblée, le choix du recours à l’animation pour traiter d'un tel sujet semble fort logique, en raison d’une censure qui ne permet pas de filmer la ville comme le réalisateur l'aurait souhaité. Son utilisation pour recréer les rues de Téhéran (et de manière générale, les décors), est d’ailleurs plutôt réussie. Malheureusement, pour les personnages, Ali Soozandeh a opté pour une rotoscopie du plus mauvais effet. Contrairement aux intentions du cinéaste (donner «plus de réalisme aux personnages»), au lieu de se réapproprier le réel comme dans une animation plus classique, il ne fait que le copier maladroitement, donnant ainsi à ses personnages un caractère grossier.
Ce n’est malheureusement pas tout: le scénario est également très faible. Il veut en peu de temps tout dire et tout montrer… mais parvient surtout à ne former qu'un amas démonstratif, indigeste et simpliste dans lequel essaient de se débattre des personnages définis de manière trop caricaturale, ce qui n’arrange rien au désastre rotoscopique.
Nous ne doutons cependant pas de la sincérité de la démarche, ni du besoin de condamner la lâcheté  de la société de son pays d'origine, comme le fait Ali Soozandeh. Nous retiendrons également une séquence aussi désespérée que touchante (un suicide aux ailes rouges!)... mais cela fait bien peu. Avec un scénario si simpliste et des choix d’animation si peu convaincants, le film partait avec un sérieux handicap. Il le traînera malheureusement jusqu’au bout!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: **
Martin Gignac: **½
Ambre Sachet: ***
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