22 décembre 2017

Au revoir là-haut ***½

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Après la Première Guerre mondiale, deux rescapés de l’horreur des tranchées (Nahuel Perez Biscayart et Albert Dupontel) mettent sur pied une arnaque aux monuments aux morts.

Réalisateur: Albert Dupontel | Dans les salles du Québec le 22 décembre 2017 (AZ Films)

En adaptant un prix Goncourt qui se situe à l’époque de la Première Guerre mondiale (et des mois suivants), Dupontel fait dès le départ preuve d’une grande ambition. En soignant sa reconstitution et en abordant des thèmes forts et multiples (relation père / fils difficile, amour trahi, traumatisme des grands blessés devenus des laissés pour compte, inégalités sociales exacerbées en période de crise), il confirme également sa volonté de sortir du petit ghetto de la comédie française.
Il ne laisse toutefois pas de côté son humour corrosif, mais l’adoucit en l’associant à des éléments plus sérieux dans l’espoir probable de faire un grand film populaire… et il y parvient parfaitement. Qu’il s’agisse d’une scène de combat en début de film, de la reconstitution de l’après Première Guerre mondiale, d’un scénario parfaitement construit, d’une mise en scène qui dose ses effets pour attirer l’attention sans trop en faire, d’acteurs qui livrent des prestations sans fausses notes, tout est fait pour plaire au plus grand nombre. On pourra pour cette raison lui reprocher certaines facilités, un manque de mystère, une trop grande volonté de prendre le spectateur par la main du début à la fin… mais a-t-on vraiment envie de faire la fine bouche? Dans la catégorie «cinéma populaire et commercial», il est extrêmement rare de voir un film aussi bien réglé, qui parvient aussi bien à utiliser toutes les petites recettes destinées au plus grand nombre avec un tel doigté et un tel respect pour le spectateur moyen (en clair: réussir à prendre les gens par la main sans les prendre pour des imbéciles).
Pour ces raisons, nous nous laissons prendre au jeu d’Au revoir là-haut. Nous ne sommes certes pas dupes et savons qu’il ne s’agit pas d’un chef d’oeuvre... mais d’un bon film pour tous, écrit, réalisé et interprété par un homme de grand talent. C’est déjà beaucoup!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ***½
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