Présumé coupable ***½

27 janvier 2012

Alain Marécaux (Philippe Torreton), huissier respecté et père de trois enfants, est accusé d’actes de pédophilie qu’il n’a pas commis. Dans l’attente du procès, il vivra le calvaire de la prison et l’éclatement de sa famille, sous le regard impassible du jeune juge d’instruction (Raphaël Ferret) dont le zèle et l’inexpérience ont conduit à une des plus retentissantes erreurs judiciaires que la France ait connu au cours des dernières années.

Réalisateur : Vincent Garenq | Dans les salles du Québec le 27 janvier 2012 (Métropole Films)

En choisissant d’aborder l’ « affaire d’Outreau » uniquement à travers le regard d’un des protagonistes (Alain Marécaux, auteur du récit autobiographique Chronique de mon erreur judiciaire), Vincent Garenq fait le bon choix (contrairement à Roschdy Zem à propos d’une autre affaire judiciaire… lire notre critique d’Omar m’a tuer). Le réalisateur ne lâche pas d’une semelle son personnage principal et suit pas-à-pas son calvaire, jusqu’à l'acquittement. Il s'appuie pour cela sur une mise en scène précise, une caméra mobile et parfaitement maîtrisée, une prestation impériale de Philippe Torreton (qui parvient à donner force et dignité à cet homme meurtri sans jamais sombrer dans la facilité), mais également sur un scénario particulièrement intelligent. En prenant pour sujet central la souffrance d’un homme, il réussit en effet à en dire bien plus sur le pouvoir accordé aux juges, sur les méfaits de l’incompétence zélée et sur la lâcheté de la justice qu’en portant un regard plus général sur l’affaire.
On pourrait certes reprocher à Présumé coupable une petite baisse de régime en fin de parcours (le procès par exemple), mais au regard de l’efficacité avec laquelle Vincent Garenq est parvenu à rendre perceptible le calvaire d’Alain Marécaux, on fermera les yeux aisément!
 

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