Teddy Bear ***

7 septembre 2012

Dennis (Kim Kold), un bodybuilder de près de 40 ans, vit encore avec sa mère hyper possessive qui le couve comme s’il était encore un enfant. Étant de surcroît très timide, il lui est extrêmement difficile de trouver la femme de sa vie. Il décide alors de suivre l’exemple d’un de ses oncles et de partir pour la Thaïlande pour trouver chaussure à son pied.

Réalisateur: Mads Matthiesen | Dans les salles du Québec le 7 septembre 2012 (Cinéma Du Parc)

Le court métrage Dennis (qui mettait déjà en scène Kim Kold) a été fortement remarqué en 2008. Quelques années plus tard, Mads Matthiesen reprend les personnages du bodybuilder et de sa mère (toujours interprétée par la même actrice) pour en faire un long métrage. Bien sûr, Dennis (une montagne de muscles mal dans sa peau et tout penaud face à une mère trop possessive) est un personnage toujours aussi intéressant (même si l’aspect “bête de foire”, parfaitement exploité dans le court métrage, a ici disparu). Fort logiquement, long métrage oblige, l’histoire a été fortement développée. C’est malheureusement la principale faiblesse du film. D’une part, à l’opposition de style entre une mère frêle mais autoritaire et un fils fort (physiquement) mais incapable de s’affirmer s’ajoute une opposition entre la montagne de muscle (140 kg pour près de deux mètres) et sa fiancée (plus petite que la totalité des figurants présents dans le film). Nous comprenons l'intention du réalisateur... mais à force d’utiliser ce procédé, celui-ci devient un effet facile qui alourdit, plus qu’il ne sert, ses personnages. De plus, l’enchaînement des différents évènements se fait de manière trop simple pour être réaliste, ce qui nuit grandement à la crédibilité de la progression dramatique.
Cependant, la grande force du film est de (presque) nous faire oublier ses faiblesse grâce à d’énormes qualités: des personnage passionnants (même si on peut avoir l’impression que tout avait déjà été dit dans le court métrage), une mise en scène et une direction d’acteur d’une grande sensibilité, mais également un regard sur la Thaïlande, certes rapide, mais parvenant à cerner la problématique du tourisme sexuel tout en faisant exister des personnages crédibles évoluant en dehors de ce commerce (et qui n’est pas, rappelons-le, le sujet du film).
Une écriture plus rigoureuse aurait certes permis au film de rivaliser en qualité avec Dennis, mais transformer un court en long n’est jamais chose facile! Le plus important est le talent, et Mads Matthiesen en a. Il nous donne clairement envie de découvrir la suite de son travail, dont nous entendrons probablement parler dans les années à venir.
 

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