Argo ***

12 octobre 2012

En 1979, en Iran, quelques mois après la chute du Shah, la foule hostile prend d’assaut l’ambassade américaine et garde ses membres en otages. Mais six d’entre eux parviennent à s’échapper et trouvent refuge à l’ambassade du Canada. La CIA décide alors de monter une opération improbable avec le secours d’Hollywood afin de leur faire quitter le pays.

Réalisateur: Ben Affleck | Dans les salles du Québec le 12 octobre 2012 (Warner Bros. Canada)

Certains événements étant si incroyables, seule la réalité permet de les imaginer. C’est ce qui s’est produit en 1979 lorsque la CIA a décidé de monter et de publiciser un projet de film (en un temps record) avec l’aide de membres de l’industrie hollywoodienne dans le cadre d’une opération de sauvetage de ressortissants américains. En redonnant vie à cette histoire, Ben Affleck allait-il réussir à la rendre plausible? Rappelons en effet que le maintenant habituel "d’après une histoire vraie" ne suffit pas... il faut surtout que le spectateur exigeant y croit.
Dans un premier temps, le travail d’Affleck est assez impressionnant: la vivacité de sa mise en scène, l’urgence et la tension qu’elle parvient à restituer au moment de la prise d’otage et durant les premières réunions de crise sont particulièrement efficaces. S’il avait continué à se focaliser sur son sujet, à ne penser qu’à lui, Ben Affleck aurait probablement signé un excellent film.
Malheureusement, après ce début prometteur, il vient nous rappeler qu’il fait un film, que le grand public a des attentes et qu’il souhaite les respecter. Du coup, au lieu de secouer le spectateur et de lui faire ressentir l’urgence, le danger, l’engagement d’un homme (Ben Affleck, parfait) prêt à risquer sa vie pour sauver celle de compatriotes, il le rassure. Il l’empêche ainsi de se laisser happer par les faits, mais l’incite plutôt à rester assis bien sagement à sa place en lui offrant des petits moments de comédie, en intégrant une histoire familiale qui atteint le comble de la niaiserie en fin de film, en s’abaissant à lui proposer une scène de suspens (qui se transforme en action) dont la prévisibilité et la naïveté dans l’exécution sont indignes de la proposition initiale.
Malgré ces importantes réserves, qui empêchent Argo de devenir le grand film qu’il aurait pu être, le dernier film de Ben Affleck comporte de belles qualités. Pour cette raison, il serait vraiment dommage de ne pas aller le voir en salles... si le FNC vous en laisse le temps !
 

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