Alyah ***½

27 septembre 2013

Texte initialement publié à l'occasion du festival Cinemania 2012

Alex (Pio Marmai) jeune dealer un peu paumé, dépanne continuellement un grand frère toujours fauché et incapable de le rembourser (le réalisateur Cedric Kahn, qui témoigne d’étonnantes qualités d’acteur). Un jour de shabbat, il retrouve à Paris un cousin ayant émigré en Israël quelques années plus tôt et se met en tête d’en faire autant pour prendre un nouveau départ.

Réalisateur: Elie Wajeman | Dans les salles du Québec le 27 septembre 2013 (AZ Films)

Dès les premières images, la caméra tenue à l’épaule, suffisamment mobile pour traduire l’incertitude mais pas assez pour provoquer l’étourdissement du spectateur, virevolte avec précision autour des protagonistes. Elie Wajeman ne s’arrête pas là et associe à ce talent celui de la direction d’acteur et des dialogues, tous deux d’un naturel sidérant. L’ensemble parvient à nous projeter d'emblée dans l’intimité des personnages et de saisir les enjeux de leurs quotidiens. Visiblement confiant en son talent, Elie Wajeman rajoute une couche et pousse sa maîtrise jusqu’à jongler avec plusieurs thèmes pourtant difficilement compatibles: polar, film de famille, film sentimental (certaines scènes avec la nouvelle venue Adèle Haenel sont magnifiques), réflexion sur le rapport entretenu par les juifs français avec Israël, remise en question existentielle... le tout avec un mélange de simplicité apparente et de pertinence constante du propos.
Vous l’aurez compris, le réalisateur est à deux doigts de nous livrer un premier film irréprochable. Malheureusement, Alyah semble avoir un peu de mal à conclure et les dernières minutes sont nettement moins convaincantes.
Qu’à cela ne tienne, Elie Wajeman est assurément un réalisateur bourré de talent. Un de plus à ajouter à notre liste des metteurs en scène à suivre de très près!
 

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