Hot Dog ●

9 août 2013

Après avoir trouvé une dent dans son hot-dog, un couple (Pierre-François Legendre, Edith Cochrane) tente de faire chanter les dirigeants de la compagnie de saucisses.

Réalisateur : Marc-André Lavoie | Dans les salles du Québec le 9 août 2013 (Les Films Séville)

Plusieurs personnes disent que le cinéma québécois va mal. On a beau parler de rayonnement international (Rebelle, les films de Denis Côté et de Xavier Dolan), aborder les nombreuses œuvres de qualité de l’année (Catimini, Le météore) : rien n’y fait. Louis Cyr a un peu calmé le jeu avec ses deux millions de dollars au guichet (dont la moitié revient, de toute façon, aux propriétaires de salles). On sent toutefois que la tempête va repartir avec Hot Dog et ce sera normal.
Parce que Hot Dog est un véritable navet qui ne remplit même pas sa seule et unique ambition : divertir en faisant rire. Au contraire, l’humour est inexistant dans cette «comédie» horriblement longue et ratée, réalisée un peu n’importe comment (que l’on n’accuse pas le manque de budget, Les manèges humains en a eu beaucoup moins et la mise en scène est nettement plus élaborée) et où une brochette de comédiens connus et aimés du public (Rémy Girard, Pierre Doucet, Pierre-François Legendre) sont mal ou pas dirigés du tout. Daniel Lemire se croit dans un de ses spectacles humoristiques, Éric Salvail n’est pas très crédible dans un contre-emploi introverti et Dino Tavarone et Romano Orzari refont une version cheap d’Omertà. Les clichés et les emprunts lamentables au cinéma de Tarantino et des frères Coen viennent plomber un script déjà déficient, qui reprend l’essence des précédents efforts de Marc-André Lavoie (le mensonge qui éloigne les gens, la multiplication des personnages inutiles et cette tendance à tout compliquer pour rien qui se retrouvaient déjà dans le sympathique Bluff et l’ennuyant Y’en aura pas de facile) mais avec un résultat désastreux. Ce n’est pas seulement une perte de temps et d’argent, mais une insulte à l’intelligence du spectateur, qui n’aura rien vu d’aussi mauvais depuis des lustres. Le film n’a aucune difficulté à rejoindre Les dangereux, L’appât, Le colis et French Immersion au palmarès des pires comédies québécoises du millénaire.
 

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