Le règne de la beauté *

15 mai 2014

Un architecte (Éric Bruneau) croise une femme qui fût sa maîtresse quelques années auparavant. Il se souvient!

Réalisateur: Denys Arcand | Dans les salles du Québec le 15 mai 2014 (Séville)

Un temps espéré en compétition officielle pour le festival de Cannes, Le règne de la beauté n’a finalement pas eu les honneurs d’une sélection. Lorsqu’on le voit, on comprend vite pourquoi!
Denys Arcand, qui n’a généralement pas peur d’user de dialogues dans son cinéma, semble vouloir accorder ici une place plus importante aux images. Malheureusement pour lui, il est incapable de leur donner la moindre profondeur, le moindre sens, la moindre émotion. Alors que le point de départ de l’histoire est la naissance d’une relation extra conjugale, Arcand se montre incapable de filmer la montée d’un désir partagé et se contente de nous montrer avec insistance deux mains qui s’effleurent. Le film complet sera malheureusement habité de ce genre de scènes dont on comprend les intentions narratives mais qui sont incapables de nous faire ressentir le moindre sentiment, la moindre envie, la moindre passion, la moindre souffrance. Arcand semble préférer peupler son film de pantins qui sur-jouent artificiellement les émotions. Lorsqu’il s’appuie enfin sur ce qu’il maîtrise généralement plutôt bien, il passe également à côté, ses dialogues étant au mieux insignifiants et au pire ridicules. Comme il n’y a pas non plus de vrai sujet (il y en a beaucoup mais Arcand ne parvient pas à en traiter un de manière convaincante), nous ne savons vite plus à quoi nous raccrocher pour ne pas sombrer dans l’ennui.
Les images, qui semblent se vouloir belles, ne parviennent pas non plus à nous tirer de notre torpeur. Certes, nous y voyons de belles maisons (même si le film ressemble un peu trop à une publicité pour architecte) et de beaux paysages, mais Arcand semble avoir oublié qu’il ne suffit pas de filmer de jolies choses pour produire une belle image. Il faut pour cela la justesse du regard, qui lui fait ici grandement défaut. Comme ses personnages, les images sont désincarnées, froides, insignifiantes.
Cela fait beaucoup de bonnes raisons pour déconseiller ce bien triste Règne de la beauté… Il y a tant de bons films à voir dans les salles!
 

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