Les états inventés d’Amérique **

16 mai 2014

En s’appuyant sur les photomontages de Pierre Guimond, Alberta Nokes nous dresse un portrait du rêve américain.

Réalisateur: Alberta Nokes | Dans les salles du Québec le 16 mai 2014 (Diffusion Multi-Monde)

Les photomontages utilisés comme point de départ à une réflexion sur l’Amérique ont un intérêt évident: en mettant en valeur la complexité et les contraste de la société, ils nous obligent à modifier notre regard sur un pays dont chaque spectateur a déjà eu l’occasion de voir une grande quantité d’images venant de milieux sociaux et géographiques très variés.
Si nous sommes sensibles à cette démarche (modifier le regard du spectateur sur un sujet vu et revu), nous regrettons qu’elle ne parvienne pas à ses fins. Certains photomontages ne sont en effet pas désagréables visuellement, mais ils laissent surtout entrevoir des photo de grande qualité qui, en étant judicieusement associées les unes aux autres, auraient pu donner ce résultat sans devoir être manipulées (dans un même ordre d'idée, Denis Côté a joué avec le cadre pour Bestiaire et Douglas Gordon / Philippe Parreno ont joué avec la focale pour Zidane,un portrait du XXIe siècle. Ils sont ainsi parvenus à modifier notre regard sans manipuler l'image, ce qui semble beaucoup plus intéressant... lire à ce sujet une de nos entrevues avec Denis Côté). De plus, au-delà des réserves quant à la pertinence d’un tel procédé, nous devons déplorer un passage au cinéma très peu convaincant. En voyant se succéder travellings et zooms sur les photomontages, nous avons l’impression d’assister à un diaporama automatisé par ordinateur destiné à attirer l’attention d’un spectateur incapable de contempler une image fixe.
Si l’usage fait des images déçoit, il en est de même pour les sons. Le travail de mixage est indéniablement intéressant, mais il est une fois de plus massacré par une musique inadaptée.
De son côté, le texte pourtant très rare donne l’impression d’avoir été étiré pour faire du remplissage et joue un rôle trop explicitement explicatif en insistant maladroitement sur la démarche du photographe.
Toute cette volonté apparente de rendre très accessible le film au risque d’en faire trop (trop de mauvaise musique, trop de mouvement inutiles, texte prenant trop le spectateur par la main) finit par réduire la portée d’un sujet qui avait tout pour susciter l’intérêt.
 

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