La Belle et la Bête ***

10 octobre 2014

Un Marchand (André Dussollier) cueille une rose appartenant à la Bête (Vincent Cassel) pour en faire cadeau à sa fille Belle (Léa Seydoux). Mais l’acte est moins anodin qu’il n’y parait et La Bête condamne à mort le pauvre homme. Se sentant responsable, Belle décide de prendre la place de son père.

Réalisateur: Christophe Gans | Dans les salles du Québec le 10 octobre 2014 (Niagara Films)

Oubliez Cocteau… Avec La Belle et la Bête, Christophe Gans garde certes dans un petit coin de sa tête le souvenir d’un film qu’il aime particulièrement (lire notre entrevue), mais n’en fait pas pour autant un remake, et c’est tant mieux. Il ne cherche pas non plus à copier l’univers poétique du maître, mais à nous entraîner dans le sien et à nous faire retrouver une part d’enfance en nous racontant une histoire de prince déchu.
Nous pouvons certes émettre à l’égard de son film quelques reproches: une trop grande naïveté, un univers visuel que l’on pourrait avoir envie de qualifier de carton pâte s’il n’était pas numérique, un trop faible développement des personnages… Cependant, il prend régulièrement la peine de nos rappeler que l’histoire racontée est celle d’un livre pour enfant richement illustré et aux textes forcément un peu succincts (le générique est composé des pages de ce livre que l’on tourne et que l’on retrouvera régulièrement durant le film). D’ailleurs, ce qui compte ici n’est pas forcément le développement de l'intrigue ou des personnages mais une volonté de captiver le spectateur pour le faire entrer dans un univers improbable. Malgré les doutes engendrés par des premières scènes trop artificielles, Gans y parvient progressivement… peut être en raison du fragile équilibre qu’il réussit à trouver: assumer le conte ne l’empêche en effet pas de laisser une signature Gansienne discrète qui donne suffisamment de personnalité à son film pour lui éviter de ressembler à un bel objet numérique sans âme.
La Belle et la Bête est certes une oeuvre relativement mineure et parfois même maladroite, elle n’est cependant dénuée ni d’une certaine beauté ni d’un charme un peu désuet malgré les techniques utilisées. Et finalement, à notre grande surprise… on aime plutôt ça!
 

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