Ex Machina ***

8 mai 2015

Caleb (Domhnall Gleeson), un informaticien qui travaille dans la plus prestigieuse entreprise du secteur, gagne un concours organisé par son patron (Oscar Isaac). Son prix: passer une semaine dans une résidence isolée. Sa mission: interagir avec un robot particulièrement séduisant (Alicia Vikander).

Réalisateur: Alex Garland | Dans les salles du Québec le 8 mai 2015 (Métropole)

Jusqu’à maintenant, Alex Garland était surtout connu pour ses scénario de films souvent bons (28 Days Later, Sunshine, Dredd) ou pour ses romans.
Avec Ex Machina, il passe à la mise en scène tout en demeurant scénariste, ce qui lui permet de mettre en place une intrigue particulièrement riche en thèmes passionnants, de la réflexion sur l'intelligence artificielle (à l'époque d'internet) à celle sur la nature de l'être humain.
Pour mettre sur pied son projet, il s'appuie sur trois acteurs talentueux mais également sur des décors magnifiquement glacials ou sur une photo compétente. Malheureusement, il donne également un peu parfois l’impression de douter de ses talents de réalisateur en se repliant dans sa zone de confort (le scénario). Du coup, il semble tellement vouloir utiliser les règles du parfait scénario que ce dernier en devient trop appliqué, trop présent, trop artificiellement huilé… malgré la finesse de sa réflexion sur la nature de l’homme (mise en évidence par le développement d’une intelligence artificielle plus vraie que nature).
Si le résultat est plus qu'appréciable, on a l'impression d'être passé à côté d'un film qui aurait pu atteindre une dimension bien supérieure, d’autant plus que tout le reste est à l’avenant. En effet, on a déjà parlé des éléments positifs du films, mais ils sont eux aussi au service d’un réalisateur qui semble tout faire pour éviter que la moindre prise de risque se transforme en maladresse.
Au final, ce film solide techniquement et agréable à voir demeure trop scolaire pour convaincre réellement. Nous ne pouvons donc que souhaiter à Alex Garland de persister sur la voie de la mise en scène, en se faisant plus confiance, en prenant plus de risques, en ne se reposant pas trop sur un scénario trop bien huilé, mais en insufflant au contraire à son film la marque d'un véritable metteur en scène.
 

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