Everything Will Be Fine (Un meilleur temps viendra) ***½

11 décembre 2015

Un écrivain (James Franco) tue accidentellement un enfant sur une route enneigée. Il devra apprendre à vivre avec ce sentiment de culpabilité.

Réalisateur: Wim Wenders | Dans les salles du Québec le 11 décembre 2015 (Métropole)

Pour son retour à la fiction après quelques réussites dans le documentaire (Pina, Le sel de la terre), Wim Wenders nous revient avec un film qui mérite bien mieux que l'accueil sévère qui lui est généralement réservé.
Le réalisateur parvient en effet à traiter d'un événement tragique avec un beau mélange de sensibilité et d'originalité. Pour rendre palpable la culpabilité de l'homme qui a tué un enfant, il opte pour un ton qui prend volontairement des distances avec la réalité. Pour cela, il n'a pas peur de faire usage de la 3D d'une manière assez inhabituelle (elle est rarement utilisée pour des drames), n'hésite pas à jouer avec la lumière (la nuit entre les personnages interprétés par James Franco et Charlotte Gainsbourg est particulièrement significative) ou la musique aux relents hitchcockiens d'Alexandre Desplat.
Si le film n'a rien d'un thriller, il possède d'autres éléments hitchcokiens assez troublants. D'un effet “Vertigo” accentué par la 3D à un manège de fête foraine qui s'emballe comme dans Strangers on a Train, en passant par le thème du passé qui obsède (Vertigo encore) ou les grandes baies vitrées de la maison de l'écrivain propices au voyeurisme, Wenders semble prendre plaisir à nous entraîner dans un univers qui n'est pas celui d’un drame comme les autres.
En agissant ainsi, il parvient à donner le sentiment que son héros habite un monde irréel, ce qui traduit a merveille ce sentiment de refus de la réalité provoqué par son acte… du moins jusqu'à ce que la culpabilité soit acceptée et que le deuil puisse enfin se faire. Lorsqu'un geste simple et beau mais surtout doublement salvateur sera posé, la parenthèse pourra se refermer, l'écrivain pourra retrouver une vie plus apaisée… et le film pourra s'achever.
Sans avoir la force des chefs d'œuvre de Wenders, Everything Will Be Fine possède une sensibilité que vient renforcer une mise en scène pertinente dans sa capacité à restituer l'état intérieur de son héros (l'usage des lenteurs assumées contribuent également à jouer ce rôle).
Cela faisait bien longtemps que nous n'avions pas vu une fiction wendersienne aussi réussie. Espérons que ce ne soit pas la dernière.
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Sami Gnaba: ***
Martin Gignac: **½
Olivier Maltais: **½
Sébastien Veilleux: ***
 

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