In the Heart of the Sea (Au cœur de l’océan) *½

11 décembre 2015

Pour compléter son roman qui relate une tragédie en mer, un écrivain (Ben Whishaw) rencontre un des survivants (Brendan Gleeson) le temps d'une soirée.

Réalisation : Ron Howard | Dans les salles du Québec le 11 décembre 2015(Warner Bros)

C’est dans une pure tradition hollywoodienne que Ron Howard (Rush, Frost/Nixon) met en scène le roman de Nathaniel Philbrick, une réinterprétation de Moby Dick, classique de la littérature américaine. Suivant une formule toute faite, le film met à l'avant-plan Owen Chase (Chris Hemsworth), un héros plus grand que nature face à une baleine maléfique. C’est donc sans surprise que l’on constate que toutes les subtilités et les nuances du roman de Melville faisant état des rapports conflictuels entre l'homme et l'animal ont été éliminées. Howard propose une oeuvre tiraillée entre des dialogues rassembleurs sur le courage et des scènes d'action aquatique impliquant hommes et cétacés.
Le manque d'humanisation des personnages sera la principale source d'ennui chez le spectateur. Le destin de ces marins perdus en mer ainsi que le sentiment de détresse qui les habite sont si mal véhiculés qu’on ne peut y croire. On finit tout simplement à s'attacher à la baleine en espérant impatiemment sa prochaine apparition à l'écran. En plus de ce manque au niveau de la direction d'acteurs (Cillian Murphy est le seul qui s'en tire haut la main), le choix du point de vue (un membre de l'équipage racontant son histoire à l'auteur) est des plus questionnable.
Celui qui raconte l'histoire (Gleeson) s'attarde sur des détails (le traumatisme du cannibalisme) pour évacuer toute l'obsession qui habite son personnage. De plus, si le film prend bien le temps de critiquer les inégalités sociales (entre le capitaine et son premier officier), il évacue étrangement les questions raciales (sujet de l'heure à Hollywood). On regardera donc, stupéfait, les membres de l'équipage pleurer la mort de l'un des rares Afro-Américains du film, jusque-là complètement effacé, avant de le manger.
Dans le film, le personnage de Melville s'inquiète de ne pas être à la hauteur de l'histoire qui lui est racontée... on ne pourra s’empêcher de faire un parallèle avec la réalisation.
L'avis de la rédaction :

Miryam Charles: *½
Jean-Marie Lanlo: *½
Martin Gignac: **
 

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