Florence Foster Jenkins **½

12 août 2016

Florence Foster Jenkins (Meryl Streep), une riche héritière new-yorkaise, est passionnée de musique. Elle se croit talentueuse, mais possède une voix exécrable. Son mari (Hugh Grant) veille cependant à ce qu’elle persiste à croire en son talent.

Réalisateur: Stephen Frears | Dans les salles du Québec le 12 août 2016 (Séville)

En prenant comme personnage central une vrai cantatrice (ou plutôt une vraie femme qui se croyait cantatrice), Frears avait un personnage idéal pour lui permettre d’explorer deux voies à priori contradictoires : la comédie (mieux vaut rire de ce personnage) et le drame (le peut-on vraiment?). Dans sa tentative, plusieurs éléments sont particulièrement convaincants.
Le premier est d’avoir su créer un personnage secondaire très intéressant (idéalement interprété par Grant), qui profite un peu de la fortune de son épouse (il mène une double vie qu’elle ignore)… mais qui agit avant tout pour la protéger. Le second est d’avoir rendu le personnage de Jenkins très attachant (là encore, la prestation presque sobre de Streep - qui aurait pu en faire bien trop en incarnant une telle catastrophe qui s’ignore - n’y est pas pour rien). En faisant de cette mauvaise chanteuse une passionnée qui survit à une grave maladie en partie grâce à l'énergie qu’elle met à essayer de maîtriser l’art lyrique, Frears en fait plus une personne attachante qu'une insupportable excentrique qui croit que l’argent peut tout acheter. Il sait surtout apporter des éléments très drôles en assumant le comique de la situation, mais également en amenant un personnage comme son pianiste (Simon Helberg), dont la fonction est purement comique... Par contre, si le mélange des deux univers avait un potentiel intéressant, Frears l’exploite très mal et ne maîtrise pas son grand écart. En voulant forcer sur le comique, il est plus souvent maladroit qu’autre chose (de plus, la scène pourtant essentielle de Carnegie Hall est très imparfaite). À l’opposée, il va parfois également un peu trop loin dans sa volonté d’insister sur l’aspect dramatique de la situation, notamment à la fin, où son envie évidente de tirer une larme par tous les moyens est surtout indécente.
Sans être aussi insipide que son précédent biopic (The Program, de sinistre mémoire), Florence Foster Jenkins est loin d’être un sommet dans la carrière de Frears. Malgré ses faiblesses, il permet cependant à deux acteurs de livrer des prestations dont on avait perdu l’habitude. C’est peut-être la plus grande qualité d’un film qui possédait pourtant des éléments pour être un peu plus que cela!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: **½
Martin Gignac: ***
 

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